José Gonzalez : doyen du palais Bourbon, un député RN au parfum de Provence

© Capture écran Assemblée nationale
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Sur les 577 députés élus ce dimanche 8 juillet, il est le doyen de la nouvelle Assemblée nationale. José Gonzalez, député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, âgé de 81 ans, a été reconduit au palais Bourbon sous les couleurs du Rassemblement national (RN), remportant 55,66 % des voix à l’issue d’un scrutin qui laissait peu de chances à son adversaire d’Ensemble. Pour sa deuxième aventure parlementaire, l’aîné siégera aux côtés du benjamin de l’Hémicycle, Flavien Termet, fraîchement élu député RN des Ardennes (1re circonscription), du haut de ses 22 ans. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, au RN (jadis FN), qu’un candidat est élu député si jeune : en 2012, à l’âge de 22 ans, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal, devenait députée de la 3e circonscription de Vaucluse.

De l’Algérie français à Marseille : un pied-noir pied-à-terre

Depuis 50 ans, José Gonzalez sillonne les Bouches-du-Rhône, qu’il connaît, depuis, par cœur. Sa posture de doyen au sein de l’Hémicycle est pour lui le gage d’une légitimité et d’une clairvoyance renouvelées : « Je peux apporter de la sagesse et de l’expérience. On peut parler aux jeunes parce qu’on a été jeune et on peut parler aux anciens parce qu’on est des leurs », déclare-t-il à nos confrères d'Europe 1. En dépit de ses 81 printemps, le vétéran du palais Bourbon est encore frais comme un gardon : « Je me sens la force d’aller jusqu’au bout et de faire face aux fonctions que les électeurs m’ont confiées. » Pied-noir né en 1943 à Oran, en Algérie française, José Gonzalez arrive à Marseille en 1962, dans le sillage des accords d’Évian, à l’âge de 19 ans. Il débute sa carrière à la Bourse des primeurs, sur le port de la cité phocéenne, puis intègre la chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence, à l’aéroport Marseille-Provence, où il y restera jusqu’à sa retraite.

Pilier du Front national et du Rassemblement national depuis 1978

Pied-noir, il s’engage dans les années 1970 auprès de Jean-Marie Le Pen comme délégué du parti de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, en 1978. Il serait, depuis cette date, toujours fidèle au parti. Il raconte avoir été séduit par « la politique menée pour le devenir de la France » de l’ancien député poujadiste de Paris au verbe haut. « J’étais à peu près d’accord sur toutes ses idées », confiait-il. « Je me suis [donc] engagé à ses côtés en restant à ma place, sur mon territoire. » Son engagement politique, José Gonzalez le continuera, dans l’opposition, comme conseiller municipal d’Allauch, dans les années 1990, puis comme conseiller régional, auprès de la petite-fille du Menhir, Marion Maréchal. Un second mandat qui durera six ans, de 2015 à 2021, avant qu’il ne soit élu député à la faveur de la vague bleu marine en 2022.

Un député ancré et assidu à son devoir représentatif

Son territoire, c’est celui de la commune d’Allauch, située à l’est de Marseille, où il déménage en 1975 et où il demeure toujours encore. L’Allaudien n’est pas un homme « déconstruit » ; bien au contraire, c’est un homme ancré et terre à terre : « Je ne suis pas un perdreau de l’année », affirme-t-il, lui qui a « été drossé sur les côtes provençales par les vents de l’Histoire », comme il le confiait à l’AFP, au lendemain de son élection à l’Assemblée nationale, en juin 2022.

Membre de la commission de la Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée nationale, José Gonzalez est un député assidu à son devoir représentatif. Partisan d’une plus grande indépendance militaire de la France, il soulevait notamment la question du rôle de la France au sein de l’OTAN en dénonçant « l’effet d’aspiration de la structure intégrée otanienne » : « Comment concilier nos besoins nationaux prioritaires tout en développant une capacité d’influence suffisante à la prise en compte de nos intérêts stratégiques » au sein de l’Alliance ? s’interrogeait-il, en mai dernier. Ayant voté en faveur de la nouvelle loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030, le député RN répond présent sur de nombreux dossiers : dissuasion nucléaire française, défense et sécurité cyber, guerre en Ukraine ou encore conflit israélo-palestinien...

Le député se dit également inquiet quant à la menace que représente La France insoumise pour la société française. « Je peux vous dire que nous sommes nombreux à avoir peur pour l'avenir, d'aller vers plus de communautarisme », soufflait-il à La Provence, le 8 juillet dernier. Avec son accent provençal qui nous transporte instantanément au pays ensoleillé de Pagnol, José Gonzalez est aussi un « papou », dont sont fiers ses deux filles et ses petits-enfants. C’est lui qui, en tant que doyen, aura l’honneur de prononcer, le 28 juillet prochain, le tout premier discours devant la nouvelle et XVIIe législature, et de présider l’hémicycle du palais Bourbon, le temps de la première séance, comme le veut la tradition.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 15/07/2024 à 13:59.
Anna Morel
Anna Morel
Journaliste stagiaire. Master en relations internationales.

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Lors de sa première élection, il avait déjà prononcé le discours d’ouverture de l’Assemblée en sa qualité de doyen. Il avait alors parlé de sa ville natale, du célèbre massacre des Oranais, encore gravé dans l’esprit des Français, évoqué son déchirement en quittant l’Algérie, mêlant ses souvenirs à quelques sanglots étouffés. Certains députés avaient les larmes aux yeux, dans tous les rangs de l’Assemblée. Les Pieds-Noirs n’oublieront jamais « la valise ou le cercueil ». Lui non plus.

  2. Bravo Monsieur ! Tout mon respect.
    Des José Gonzalez, on en redemande pour redonner lustre, dignité et honneur à une Assemblée devenue la honte de la république où la médiocrité d’une majorité d’élu (es ) n’a d’égale que leur vulgarité, et leur inaptitude pour la fonction. Et le comble, cette Assemblée accueillera maintenant un 3 fois fiché S !!!

  3. çà nous change de tous ces gaminous (Boyard, Archenault, Obono, …) qui ne connaissent pas l’Histoire et s’en invente une au gré de leurs envies. C’est bien d’avoir quelques jeunes pour apporter de la fraicheur mais leur donner le pouvoir alors qu’ils n’ont jamais fait de service national (le militaire, le vrai) et ont obtenu un bac au rabais, c’est faire preuve d’inconséquence (à mon avis, Bardella a souffert de çà pour ces législatives : l’envoyer à Strasbourg dans une obédience qui n’a aucun pouvoir dans le seul but de faire du bruit, d’accord, mais lui donner les clés du pouvoir en tant que chef du gouvernement, c’est plus délicat)

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