Ce jeudi soir, des dizaines d’individus ont tendu un guet-apens à la police dans le quartier du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Explications de Jérôme Gigou, secrétaire général adjoint du syndicat VIGI Police, au micro de Boulevard Voltaire. Il revient également sur le malaise grandissant au sein des forces de l’ordre, qui sont « au bout du rouleau ».

À la cité du Val Fourré à Mantes-la-Jolie, vos collègues policiers sont tombés dans un guet-apens organisé par les traditionnels « jeunes ». Quels échos avez-vous reçus de cette affaire ?

À l’origine, ces émeutes sont parties d’une intervention des sapeurs-pompiers. Très rapidement, des médiateurs de la cité ont alerté les forces de police qu’une centaine d’individus les attendaient pour en découdre. Les pompiers ont été obligés de quitter les lieux. Un fonctionnaire de police a été blessé. Il a fallu faire appel à une quinzaine de renforts. Du côté des assaillants, on déplore deux blessés. Maintenant, ils viennent se plaindre de la police. Cela a d’ailleurs déclenché une enquête de l’inspection générale de la police pour savoir si les bons outils ont été utilisés pour rétablir l’ordre.

Connaît-on les raisons de ce guet-apens ?

Pour l’instant, nous n’avons pas encore toutes les réponses. On est actuellement dans la reconquête dite républicaine des quartiers. Les forces de police sont normalement appelées à être beaucoup plus présentes. Ce n’est pas toujours le cas dans les quartiers. Cela fait longtemps que les forces de police ont quitté les lieux. Malheureusement, la reconquête va être difficile, même s’il faut la mener et ne pas baisser les bras.

Vous parlez de la reconquête républicaine. Y a-t-il en ce moment une volonté de la part des pouvoirs publics de reprendre le contrôle de ces quartiers ou est-on toujours dans une sorte de vœu pieux ?

Pour l’instant, c’est toujours un effet d’annonce. On nous redonne par-ci par-là quelques effectifs, mais on nous les reprend ailleurs. On a un trou énorme dans les effectifs et on n’arrive pas à les combler. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas être présents sur tous les territoires.

Un mois après l’attentat de la préfecture de Police de Paris, sentez-vous vos collègues prêts à agir ou les cicatrices de ces événements sont-elles toujours présentes ?

Les cicatrices de ces événements sont toujours présentes. Les policiers sont fatigués. Il y a d’abord eu les Gilets jaunes qui ont pris beaucoup de temps dans les manifestations. On a demandé un effort très important aux policiers. Avant les Gilets jaunes, il y a eu les attentats. Et aujourd’hui, nous sommes encore en Vigipirate. Beaucoup de lieux et de personnes sont encore à protéger. On est un peu au bout du rouleau !