Jean-Paul Gourévitch : « La contribution de la France à l’Union européenne augmente chaque année et pèse sur le contribuable »

À trois jours des élections européennes, Jean-Paul Gourévitch fait un point précis sur ce que coûte l’Union européenne : combien donne la France, combien reçoit-elle en retour. Il constate un déficit de 10,4 milliards aux dépens de la France.

Vous vous êtes intéressé à ce que coûtait et rapportait l’Europe. Comment avez-vous procédé pour faire ce calcul ?

Cela fait un certain temps que j’essaye d’appliquer des méthodes d’analyse scientifique à des sujets qui sont très souvent clivants ou sulfureux, comme l’immigration, l’expatriation et la fraude dans les transports publics.
On ne sait pas ce que l’Europe nous coûte et nous rapporte. Par conséquent, je me suis dit que c’était le moment ou jamais d’essayer de vivifier le débat et d’éviter qu’on en fasse un troisième tour des présidentielles ou un référendum pour ou contre le Président.
J’ai travaillé avec un certain nombre d’institutions européennes que je connaissais. Je suis, moi-même, intervenu pour la Commission européenne et pour le Conseil de l’Europe. J’ai essayé d’obtenir les chiffres les plus récents et les plus fiables. J’ai donc pu faire une sorte de balance entre ce que nous donnons à l’Europe et ce qu’elle nous rapporte.

Combien l’Europe rapporte-t-elle aux Français et combien nous coûte-t-elle ?

Il faut toujours jongler avec les chiffres et les éléments de 2019, 2018 et 2017. J’ai donc fait un compte global sur l’année 2017. D’un côté, nous donnons à l’Europe 23,9 milliards. De l’autre côté, nous recevons de cette Europe environ 13,5 milliards. Il y a donc un déficit de 10,4 milliards. Si on veut s’expliquer autrement, on dira que nous ne recevons que 56,5 % des dépenses que nous faisons pour l’Europe.

Comment expliquer ce déficit ?

Ce que nous recevons principalement vient, d’un côté, de la politique agricole commune et, de l’autre, des hautes technologies. Les pays sont fatalement déficitaires parce que l’administration européenne coûte relativement cher et que ses prix augmentent.
Dans le dernier budget pluriannuel, l’Union européenne s’était juré de diminuer ses frais personnels de 5 %. Elle les a augmentés de 12,5 %. Dans le prochain budget pluriannuel, c’est à dire dans sept ans, ils vont augmenter de 22,5 %. Automatiquement, il y a un déficit.
Je ne porte pas de jugement sur la qualité de leur travail, mais les 56.000 fonctionnaires et agents qui travaillent pour l’Europe nous coûtent beaucoup.
D’autre part, nous payons un certain nombre de dépenses sans aucun remboursement. Lorsque nous donnons de l’argent à Frontex et à la Turquie pour l’aide aux réfugiés, il n’y a pas de retour de bénéfices. On peut dire que Frontex peut limiter les arrivées de migrants irréguliers. On peut dire que la Turquie bloque sur son sol un certain nombre de migrants qui pourraient entrer en Europe.
Sur un plan strictement financier, cela augmente le déficit.
De même, lorsque l’Union redistribue la richesse à certains pays pour qu’ils se rapprochent du standard de vie des autres, cela coûte nécessairement aux pays les plus riches. C’est le principe de la cohésion entre les États.

Le coût de fonctionnement de l’Union européenne est en croissance vertigineuse.
Le poids de l’Union européenne est-il de plus en plus lourd sur nos portefeuilles ?

La contribution de la France à l’Union européenne augmente chaque année. On a longtemps été autour de 20 milliards d’euros. Aujourd’hui, on est à 21,5 milliards d’euros. Il n’est pas exclu qu’il y ait des rajouts. L’Union européenne n’anticipe pas. Il se pourrait donc très bien qu’il y ait des vagues de réfugiés climatiques ou des catastrophes écologiques. Si c’était le cas, il faudrait débourser, alors que cela n’est pas prévu dans le budget initial.
L’Europe fait un certain nombre de choses que chaque pays ne pourrait pas faire seul. Aucun pays ne peut faire aussi bien que l’Europe sur les sujets de la transition écologique, la politique migratoire ou l’harmonisation des législations fiscales et sociales.
Elle le fait moyennement bien et a subi un certain nombre d’échecs. On l’a vu avec les travailleurs détachés, l’évasion fiscale, le dumping social et avec les mineurs non accompagnés. Toutes ces carences de l’Europe pèsent sur le budget des contribuables français.

Où les Français et les contribuables peuvent-ils trouver cette étude ?

Cette étude est en ligne sur le site de Contribuables associés ou peut être commandée directement à Contribuables associés. Pour ceux qui n’auraient pas la patience de lire les quelque 28 pages, un petit recto verso résume, en deux pages, les principaux chiffres.

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