Jean-Marie Le Pen : « La postérité maudira les députés européens qui ont été aveugles, sourds et muets ! »

À 91 ans, « le Menhir », Jean-Marie Le Pen, prend sa retraite. Dans l’enceinte du Parlement européen, ce 16 avril, il a prononcé son dernier discours. Il se confie au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion d’évoquer avec lui l’incendie de Notre-Dame de Paris et les réactions qu’il juge bien « matérialistes ».

Vous venez de prononcer votre dernier discours au parlement européen et votre dernier discours en tant qu’homme politique. Quelle signification cela revêt-il pour vous ?

J’ai voulu faire un discours de principe sur la nation, alors que la question ne s’y prêtait pas forcément. Nous sommes ici dans un ensemble violemment hostile aux nations. Je pense qu’elles constituent la défense suprême des peuples.

Était-ce votre testament politique européen ?

C’était un peu une espèce d’adieu. J’ai dit que la postérité maudira les députés européens qui ont été aveugles, sourds et muets.

Certains voient les futures élections européennes comme le réveil des États-nations.
Partagez-vous ce constat ? Regrettez-vous de ne pas y prendre part pour le prochain mandat ?

Je prends ma retraite à 91 ans. C’est raisonnable. J’avais souhaité aller jusqu’à la mort, mais l’inspiration juvénile était légitime. Je n’ai pas fait d’histoire, au contraire. J’avais suggéré cela comme un dernier adieu.

Vous laissez votre place dans la tranchée et repartez à l’arrière…

Oui, absolument. Je vais me soigner les pieds. J’ai dit dans ma conférence de presse que cette assemblée avait besoin de tête. Or, moi j’avais encore ma tête. Elle, elle a surtout des pieds.

Votre départ coïncide avec le départ en fumée du toit de Notre-Dame de Paris.
Qu’avez – vous ressenti ?

Les commentaires étaient singulièrement matérialistes. Ce qui semblait toucher les gens, c’était le désastre d’un monument parisien et célèbre. Il ne faut pas oublier que c’est une église. L’Histoire du vocable de Notre-Dame a une signification spirituelle importante qui semble avoir été occultée au départ.
Or, ce n’est pas cela la laïcité. La laïcité organise la neutralité de l’État par rapport aux religions. Elle ne met pas en cause les religions elles-mêmes.

Néanmoins, on a vu énormément de jeunes se rassembler autour de Notre-Dame de Paris, chanter des prières pour certains et des cantiques pour d’autres.

Ce que pense le peuple de Paris n’est pas forcément ce que pensent les commentateurs de la télévision.

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