Est-ce l’approche du second tour des élections ou la qui s’annonce, mais force est de constater que la boîte à fusibles est en train de dangereusement chauffer, dans les états-majors de la NUPES et d’Ensemble.

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, connu pour son bouillant caractère, vient-il de lâcher le lapsus qui tue, au journal télévisé de France 2, ce lundi 13 juin. Là, histoire de draguer les voix lepénistes, il affirme : « S’il y a des fachos pas trop fâchés, mieux vaut qu’ils votent pour nous que de rester à la maison ou que de voter pour Marine Le Pen... » Aussitôt, consternation politico-humaniste et mines de démocrates indignés.

Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur et patron du groupe macroniste au Parlement, s’insurge : « Oui, vous avez bien entendu, Jean-Luc Mélenchon appelle les “fachos” à voter pour lui. On avait vu l’ambiguïté. C’est maintenant un rapprochement assumé avec l’extrême droite. » Aussitôt, le très soumis Adrien Quatennens, brave et fidèle valet, un peu comme le Jacquouille la fripouille des Visiteurs (1993), le fameux film de Jean-Marie Poiré, vole au secours de son maître, Godefroy Amaury de Malefête, comte de Montmirail, d’Apremont et de Papincourt, dit « le Hardi », ou « la Méluche », c’est selon : « Tout le monde connaît la phrase de Jean-Luc Mélenchon, “les fâchés pas fachos”…»

Sauf que là, il s’agissait de « fachos » pas « fâchés ». Concept plus qu’intéressant à mettre au crédit du Duce de La France insoumise que celui consistant à forger un « fascisme » qui, pas « fâché, aurait donc vocation à devenir inclusif et bienveillant. En fait, tout le monde a bien compris que sa fangue avait lourché, ou le contraire. Facho fâché ? Fâché facho ? Chapi Chapo ? Quel méli-mélo. »

On remarquera que tout cela n’est guère plus clair dans les plus hauts sommets de l’État, Emmanuel venant lui aussi d’en sortir une assez bonne, sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, alors que l’avion présidentiel s’apprêtait à le conduire en tournée dans les pays d’Europe de l’Est pour sauver le monde, en appelant les Français à un « sursaut républicain ». On savait que pour Mélenchon, la République, c’était « lui ». Mais, la République, c’est aussi un autre « lui » : Macron.

Résultat : le bateau tangue plus que jamais. Dimanche dernier, le Château assurait que pas une seule voix ne devait aller aux « extrêmes », mettant donc sur le même plan Le Pen et Mélenchon, avant d’ajouter : « Pas une voix au RN en général, mais pas d’appel à voter pour le candidat NUPES s’il ne respecte pas les valeurs républicaines. » Comprenne qui pourra… Et voilà nos Insoumis pris à leur propre piège, celui de ces fameuses « valeurs républicaines » dont personne n’a pour le moment réussi à dessiner les contours et qu’ils sont aujourd’hui suspectés de ne pas révérer. Du coup, l’écologiste Sandrine Rousseau remarque, non sans raison : « Avec ce vent de panique qui souffle fort, l’avion présidentiel va arriver plus vite que prévu en Roumanie. ». De son côté, la sénatrice LR Valérie Boyer note : « Une fois encore nous avons droit au “c'est moi ou le chaos”. Cela le dérangeait moins lorsqu'il comptait sur les voix de LFI pour la présidentielle. »

 

 

Au fait, quelles sont les réactions des principaux intéressés ? Jordan Bardella, président par intérim du RN, rebondit sur les propos du chef de l’État : « Si aucune voix ne doit manquer à la République, alors il faut voter Rassemblement national. Nous sommes les seuls à défendre la République dans cette élection. » De son côté, Louis Aliot, maire de Perpignan, suit la ligne du parti : vote RN quand c’est possible, au besoin, mais sans oublier le cas par cas ; celui du même Christophe Castaner, candidat dans la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, par exemple : « Il y a des cas où notre électorat va s’interroger, par exemple contre monsieur Castaner, je pense effectivement qu’il y a des électeurs du RN dans sa circonscription qui vont réfléchir à deux fois, qui, peut-être, même en se bouchant le nez, iront voter contre monsieur Castaner. » C’est-à-dire en votant pour la NUPES… Jean-Luc Mélenchon refusera-t-il alors les voix des « fachos », « fâchés » ou pas ?

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15 juin 2022

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26 commentaires

  1. Le pass sanitaire étant la pire catastrophe anti-républicaine de ces dernières années, si le clan macronien l’emporte, il est sûr qu’ils vont nous refaire le coup de la « pandémie », et du pass piquouzal soi-disant sanitaire (je rappelle que nous n’avons pas de VRAI vaccin). çà a tellement bien marché et les gogos y croyant encore (certains se balladent encore maintenant avec la muselière). A ce moment-là, mieux vaut Nupes (Mélenchon a toujours dit qu’il était contre)

  2. Pour ceux et celles qui ont encore un doute sur la réelle personnalité du sieur Mélenchon je les invites à visionner sur YouTube son interview du 18 février 2013 sur HIT RADIO RABAT MAROC et à la diffuser largement sur tous les supports possibles, un vrai témoignage de racisme !!

  3. C’est pas absurde, les fachos pas fâchés! J’étais d’accord avec Idriss Kahn qui pensait que cela aurait été grand de construire un nouveau CNR: Le Pen/ Mélenchon… mais Mélenchon ne fut pas assez grand ni le Pen assez forte! Maintenant, alors: union populaire contre bobos? Si les têtes ne le décident pas, pourquoi les pions ne le feraient-ils pas?
    Pour les uns et les autres, mieux vaut l’un ou l’autre!

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