Jean-François Copé : “Nos politiques ont peur de l’Intelligence Artificielle”

Jean-François Copé et Laurent Alexandre signent un livre sur l’Intelligence artificielle : L’IA va-t-elle aussi tuer la démocratie ?
Notre reporter a rencontré Jean-François Copé qui rappelle quels sont les enjeux de demain pour “notre vie numérique”.


Vous avez écrit un livre sur l’Intelligence artificielle. En quoi s’agit-il d’un sujet géopolitique ?

Il ne faut pas se tromper. L’Intelligence artificielle est une découverte systémique considérable, comparable à l’invention du feu ou de la machine à imprimer. Ça change complètement la vie humaine. Il est donc évident que les pays et les continents qui s’y sont mis avant nous bénéficient d’une avance considérable. C’est le cas de la Chine avec les BATX, les États-Unis avec les GAFA. Dans le livre que nous avons écrit avec Laurent Alexandre, nous soutenons qu’il faut désormais se bouger de toute urgence.


Pourquoi n’en parlons-nous pas dans les campagnes électorales ?

Les responsables politiques ont peur d’aborder ce sujet. Ils craignent que ce soit anxiogène. Je prétends l’inverse. Je pense que c’est un sujet dont il faut parler avec les gens. Nos concitoyens sont parfaitement conscients des enjeux et des risques pour leur vie, pour leurs emplois, pour leur sécurité et leur liberté.
Être capable de mettre sur la table des sujets comme créer un cloud européen pour protéger nos photos, nos comptes bancaires et être capable d’utiliser les opérateurs télécoms pour protéger les données est essentielle. Ce sont des choses majeures sur lesquelles il faut investir et se développer. Je pense que ça manque aujourd’hui.

Peut-on construire une souveraineté sur l’Intelligence artificielle et plus largement sur le numérique ?

Bien sûr, c’est un enjeu de souveraineté. Il n’y a pas de raison que les Américains et les Chinois nous dictent seuls ce que sera demain notre vie numérique. Il faut pour cela ne pas craindre de réfléchir à comment nous pouvons reprendre la main en Europe sur les 10 années à venir, en investissant massivement dans la recherche, dans l’éducation et dans quelques grands projets.