Islamisme, cette idéologie « dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom »

Comment prétendre lutter contre un fléau dont on n’ose même pas prononcer le nom ?
Capture écran LCP - Assemblée nationale
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La France se souvient. Ce jeudi 13 novembre, anonymes et officiels ont rendu hommage aux 132 victimes des attentats de 2015. Tandis que des cérémonies commémoratives se déroulaient au Stade de France, au Bataclan et devant les terrasses visées par les terroristes il y a dix ans, en présence d’invités triés sur le volet, de nombreux autres responsables commentaient le triste anniversaire sur les réseaux sociaux. Les têtes de file de la gauche ont ainsi exprimé leur émotion, louant la résilience de la République et la beauté de ses valeurs. Mais un élément manquait cruellement à leurs éloges funèbres. Un certain terme semblait, en effet, avoir été banni de leur vocabulaire. Jean-Luc Mélenchon, Manon Aubry, Manuel Bompard, Mathilde Panot, Fabien Roussel, Antoine Léaument ou encore David Guiraud ont tous évoqué les affres du « terrorisme », mais aucun n’a eu le courage de nommer cette idéologie qui nous a déclaré la guerre : l’islamisme. Histoire de verrouiller le débat et censurer la parole encore un peu plus, Manon Aubry a profité de son tweet d’hommage pour marteler son refus des « amalgames ».

Cette incapacité à nommer l’ennemi ne touche, hélas, pas seulement la gauche. Au centre, aussi, on a du mal à appeler un chat un chat. Yaël Braun-Pivet, Stéphane Séjourné et Élisabeth Borne s’en sont également tenus à une vague condamnation du « terrorisme ». Gabriel Attal a fait encore plus fort, signant un tweet qui aurait parfaitement pu concerner un accident de la route. « Le 13 novembre 2015, l’horreur a frappé la France », a-t-il déploré, sur X. Plus flou, tu meurs.

La peur des mots

Ce 13 novembre 2025, plusieurs plaques commémoratives ont été installées sur les lieux des attaques djihadistes. Il y en a eu une au Stade de France, en mémoire de Manuel Dias, une autre devant le bar parisien La Belle Équipe, une troisième devant Le Petit Cambodge et Le Carillon. Il y est question d’« attentats », de « terrorisme », mais nulle mention de la religion qui a inspiré ces assassinats.

Même pudeur, sur la place Saint-Gervais, où un « Jardin du souvenir » a été inauguré. La mairie de Paris indique que ce lieu incarne « les expériences douloureuses du Nord-Est parisien » et constitue une « oasis de calme et d’apaisement en hommage à la vie et à la résilience ». Pour la mise en cause des assassins et la lutte contre leur idéologie mortifère, il faudra manifestement aller voir ailleurs.

Ce n’est pas la première fois que la gauche refuse de nommer l’islamisme. Elle avait également eu toutes les peines du monde à utiliser les bons mots, lors de l’affaire Samuel Paty. Malgré la brutalité extrême de l’attentat, euphémismes, ellipses et périphrases avaient été généreusement employés par les commentateurs, jusqu’au sein de l’Éducation nationale. « La peur est déjà à l’œuvre, s’était alors indigné le collectif Vigilance Universitésn dans les colonnes de l’Opinon. Les communiqués syndicaux réagissant à l’assassinat de Samuel Paty se caractérisent généralement par le refus de nommer l’islamisme. Pour nombre de syndicalistes offensifs, cet assassinat serait pour ainsi dire sans auteur. » Même volonté d’éluder la-religion-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom à Paris où Anne Hidalgo inaugura, en février 2020, le jardin Arnaud-Beltrame, ornementé d’une plaque commémorative sur laquelle figurait l’inscription « Victime de son héroïsme »

Un silence complice

À défaut d’oser nommer l’ennemi, la gauche et le centre compensent en adoptant un ton ampoulé et des postures théâtrales. « Nous n’oublions aucun visage, aucun nom, aucun geste de courage dans cette nuit du 13 novembre. Cette mémoire nous unit, nous guide et nous oblige », a ainsi lancé la vaillante Yaël Braun-Pivet. Mais à quoi cette mémoire nous « oblige »-t-elle concrètement ? Ni à la dénonciation de l’islam guerrier, ni à la lutte contre l’immigration invasive, manifestement.

En ne nommant pas l’islamisme par peur de stigmatiser les musulmans, certains espèrent conjurer le mal alors que leur déni du réel ne fait que le renforcer. Laissons le mot de la fin à Boualem Sansal, qui sait de quoi il parle en matière d’islamisme : « Le silence, fût-il d'or, n'est pas le coupe-feu miracle que l'on croit mais l'oxygène qui embrase la maison. » À méditer.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

74 commentaires

  1. Notre président a même osé parler d’une autre menace sans la nommer. Quelle est elle pour lui, les russes où l’extrême droite fantasmée.

  2. Je m’évertue à le répéter depuis des années : quand on achète la paix, on finit par la payer plus cher que la guerre

  3. Le Président, notre première Autorité d’occultation du réel , lors de sa tirade , lors de son homélie , a bien parlé du terrorisme islamiste , mais du terrorisme islamiste à l’extérieur de la France , sur notre territoire circulez il n’y a rien à voir .

  4. En fonction de l’évolution actuelle, une invasion soutenue, prolongée par une pénétration insidieuse des rouages administratifs, un jour viendra où l’islamisme se substituera à ces limaces. Au pouvoir, il ne supportera pas le partage. Ces français qui lui auront tendu l’échelle seront les premiers à être éliminés.

  5. Tous ces politiques qui nous gouvernet dans le déni sont des criminels pour notre peuple et pour le pays. Ils devront être traduits devant la Cour de justice.

  6. Simple, dans la liste des affaires terroristes rien qu’en France comptabilisons celles qui ne sont pas du fait de l’islam. Inexistant.
    Dans les agressions retirons les OQTF.
    Interdit de comptabiliser l’islam dans les prisons.

  7. Malgré l horreur rien ne change au contraire c est de pire en pire avec tous ceux qui débarquent que des hommes que des musulmans, avec encore et encore des mosquées dirigées par les frères musulmans, avec de plus en plus de femmes voilées,avec de plus en plus de provocations RIEN ne change , il y aura d autres bataclans c est evident..

      • Les mosquées en général ne sont pas remplies d’islamistes, qui sont des fanatiques et non des religieux, comme nous avons des intégristes au sein de l’Église catholique… Ne vous trompez pas d’ennemis!

  8. Mr Jean Kast,vous avez parfaitement raison : on n’ose pas nommer l’Islamisme, mais pas seulement pour proteger les banlieues.
    On veut surtout endormir l’Opinion Publique et lui laisser croire que tout va bien en France, COMME AVANT.
    Alors que l’islamisme gangrène tout le pays et de plus en plus : il.s’agirait de se mettre en ordre de bataille, de dispenser des consignes, de décréter la Mobilisation générale !
    À quand le courage ????

  9. Ce soir Philippe Devillers a fustigé ce president macron et sa clique qui ont pas le courage de proposer de vraies mesures pour lutter contre les islamistes

  10. Lire un article dans VA sur le député Vardon de reconquête ; le préfet du 06 , lui confirme 11 lieux mosquées écoles fréristes , a Nice et sa région

    • Et Sansal est de retour , et il va parler de notre pays , de son pays , embarras dans les Autorités d’occultation du réel , sur Radio classique un ancien directeur du Monde Enchanté , sur le ton mielleux qui est le sien , de chanoine de la gauche , critiquait une déclaration de Sansal sur les commémorations des attentats islamistes , en ajoutant pourquoi pas le grand remplacement ?

      • C’est peut-être une des raisons qui empêchaient le gouvernement et surtout macron de tout faire pour qu’il revienne

  11. L’hypocrisie des dhimmis, encore et toujours… cela me rappelle une citation :« La tolérance atteindra un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toute réflexion afin de ne pas offenser les imbéciles » (Dostoïevsky)

    • Dostoïevsky a raison.
      En effet, il est impossible de dire ce que l’on observe et de réfléchir à ce que l’on observe, d’ailleurs, au risque d’offenser soit une religion (sauf la chrétienté), soit un groupe de personnes, soit un gouvernement, soit une loi, soit même, une fausse réalité scientifique;

Commentaires fermés.

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