« Nous sommes en guerre », nous disiez-vous, Monsieur le Président, avant d’imposer le 1er confinement contre le/la Covid-19. Enfin une guerre qui vous donne l’occasion de vous grandir, de devenir un vrai chef !

Car vous, au-delà des discours, que pourriez-vous donner de votre personne, et que faire pour ces milliers d’entreprises qui mettent la clé sous la porte ? Pour tous ces nouveaux pauvres ? Pour ces Français moyens qui se suicident ou souffrent de dépression, ceux-là mêmes qui ont fait tourner l’économie pendant de nombreuses années, ces contribuables qui font vivre l’Élysée et votre gouvernement ?

Que vaudrait votre République, Monsieur le Président, si vous n’aviez rien à lui donner ? De quelle égalité, de quels droits de l’homme nous parlent vos ministres qui nous rabâchent sans cesse ces prétendues valeurs ? Mettraient-ils la main à la pâte, eux aussi ? Puisque nous sommes en guerre, imaginons un instant que vous allez montrer l’exemple. Si, par solidarité pour votre peuple, vous proposiez de donner 30 % de votre salaire (au moins pour le temps de cette guerre) à reverser aux entreprises en péril et aux chômeurs du confinement ; et que vous demandiez (librement mais officiellement) à tous vos ministres, à tous les hauts fonctionnaires et tous les hauts salaires du privé de faire la même chose…

Si vos soldats, dont vous aimez vous proclamer le chef, sont prêts à donner leur vie pour la France, est-ce que, dans une guerre économique, vos cadres financiers ne pourraient pas donner aussi un peu de leur vie ?

On pourrait, ensuite, ériger un monument comme celui des morts pour la France. Un Panthéon de la patrie reconnaissante. On écrirait, cette fois, « Par leurs dons, ils ont sauvé la France ».

Monsieur le Président, on vous a cru gaulliste en vous voyant vous rendre sur la tombe du général de Gaulle tout récemment, on espère encore que vous allez vous inspirer de ce modèle et de ses conseils. Car le gaullisme, à l’opposé des idéologies, n’est que pragmatisme et don de soi.

Le Général a refusé toute pension, déjà, quand il a démissionné en 1946. Il a renoncé également à sa retraite d’officier et d’ancien président de la République. Il ne vivait que de ses droits d’auteur et ne voulait en aucun cas dépendre financièrement de l’État.

Monsieur le Président, s’il vous plaît, arrêtez donc les peines d’argent ! C’est malsain et abusif vis-à-vis des gens qui n’ont que cet argent pour vivre. Vous aggravez leur dépression. N’avez-vous donc pas compris l’exaspération des gilets jaunes, déclenchée par le racket des radars et l’augmentation du prix de l’essence taxée à 70 % ? Ces Français de province aux moyens modestes ont besoin de leur voiture chaque jour. Et de tous leurs euros. Juste pour vivre.

Monsieur le Président, fermez les ministères absurdes ou hypocrites des égalités et des chances. Créez plutôt un ministère des peines et de l’entraide réelle où chaque citoyen pris en faute (qu’il soit riche ou pauvre) aurait des heures/des journées de travail à donner à sa commune, à ses entreprises ou à l’État. Oui, cela demande une certaine organisation, mais c’est ça, l’égalité !

Ni la République ni la Révolution ni la gauche n’ont inventé la générosité et le partage. Le plus ancien organisme humanitaire du monde a huit cents ans. Il s’appelle l’Ordre de Malte. Il est toujours très actif. Et Louis XVI, dit le Bienfaisant, a donné à la France beaucoup de sa personne et de sa poche (ce qui n’est pas écrit dans les manuels scolaires de la République) en créant le corps des pompiers ; en ordonnant l’abolition de la torture ; en permettant aux femmes mariées de toucher leurs pensions sans l’autorisation de leur mari ; en mettant la main à la poche pour les sourds-muets et les aveugles ; en œuvrant pour les juifs ; en créant le droit de propriété des auteurs et compositeurs ; en fondant l’école des Mines ; en participant de ses deniers au premier vol humain (par montgolfière) ; et par tant d’autres œuvres sociales…

Monsieur le Président, puissiez-vous juste arriver à la cheville de ce bon roi ! Cela pourrait, cette fois-ci, sauver votre tête !

24 novembre 2020

À lire aussi

L’Éducation nationale a-t-elle perdu le sens du bien et du mal en envoyant l’innocent professeur en enfer ?

Vivement l’Apocalypse ! …