« En finir avec le dupond-morettisme », tel était le thème de la conférence de presse du président par intérim du RN Jordan Bardella, ce jeudi à 11 heures, au siège du parti, porte de Saint-Cloud. Après avoir dénoncé l’ sur quelques heures auparavant, Bardella a poursuivi sur le régalien en s’en prenant cette fois au bilan du garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. « Il s’était épanché sur un plateau télé en 2018 pour nous expliquer quel horrible ministre il ferait, c’était son seul éclair de lucidité », cingle-t-il, avant de rappeler les principales mesures qu’adopterait le RN en cas de victoire : retour des peines plancher et de la double peine. « La politique pénale consiste à punir et dissuader, punir pour dissuader. » Rien de neuf, donc, puisque le candidat à la présidence du parti à la flamme ne fait que rappeler les programmes présidentiels de 2017 et 2022. « L’art de la politique, c’est la répétition », s’amuse-t-il.

Dupond-Moretti, cause ou symptôme ?

C’est sans doute ce qu’on a du mal à percevoir. Si le garde des Sceaux personnifie le ministère de la Justice, il faut lui reconnaître qu’il n’est que le récipiendaire de plusieurs décennies de laxisme et de débâcle idéologique. Ce qui le charge, en revanche, c’est son inscription sans sourciller dans la continuité désastreuse de ses prédécesseurs. « Le ministre davantage applaudi par les détenus que par le personnel pénitentiaire », assure Bardella qui est revenu sur le navrant épisode de la course de kart dans la prison de Fresnes à laquelle a participé un détenu condamné pour viol.

Le Pen-Bardella : l’inévitable tandem

« Il y a une répartition entre elle et moi. Nous sommes un duo complémentaire. » Les mots prononcés par le président par intérim du RN sont choisis. En tout cas, cela illustre bien l’agenda médiatique des deux personnalités politiques. Si Jordan Bardella a lancé, cette journée dans la matinale de en dénonçant l’insécurité, affirmant que « notre pays est en train de basculer » pour enchaîner, à 11 heures, sur la conférence de presse au siège du RN devant une vingtaine de journalistes, Marine Le Pen est, quant à elle, ce jeudi soir au JT de 20 heures pour conclure la séquence en ouvrant un nouveau temps politique. Au-delà de la séquence se pose évidemment la question du RN post-Marine Le Pen. Si l’ancienne présidente et candidate à l’élection présidentielle reste la présidente du groupe à l’Assemblée nationale, elle quittera définitivement la présidence mais « restera membre du comité exécutif », précise Bardella, pour qui la candidature de Marine Le Pen en 2027 « relève d’une évidence ».

Par ailleurs, il a longuement tenté de mettre en avant le fait qu’en n’étant plus à la tête du RN, Marine Le Pen revêt un costume « non partisan », un costume qui, à l’écouter, siérait comme un gant à une Marine Le Pen candidate, un costume qui lui permettrait de rassembler davantage. Le député européen a d’ailleurs ouvert énormément de pistes, proposant des ouvertures à des coalitions en vue des élections municipales et a détaillé les contours de l’école des cadres en partenariat avec Jérôme Sainte-Marie, une « nécessité » pour celui qui n’a aucun doute sur le fait que le RN sera amené à gouverner. En d’autres termes, le RN de Bardella se met en ordre de marche pour 2027. Et ce ne sera pas sans Marine Le Pen.

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8 septembre 2022

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34 commentaires

  1. Le RH est devenu un peu trop gauchisant à mon goût. Mettre en avant le fameux « pouvoir d’achat » est une démagogie socialo-communiste (dès qu’on augmente les salaires ou les rétributions, l’inflation galope). Là-dessus Zemmour a raison de faire passer la culture et la civilisation avant.

    1. D’accord avec vous, pour moi Marine Le Pen se complait dans un discours économique de gauche, en mettant pouvoir d’achat et retraite à 60 ans comme priorité. On me répond c’est comme ça qu’elle a réussi à avoir 89 députés à l’Assemblée Nationale , et je rétorque grâce à Zemmour qui a enfourché tous les thèmes abandonnés par le RN comme l’invasion migratoire, l’insécurité et la civilisation. Pour moi ce n’est pas la bonne candidate et elle a fait son temps, elle a eu trois fois sa chance et elle a perdu. Elle doit laisser la place, à qui? L’avenir nous le dira.

  2. Il me semble bien que le petit Jordan tient à marquer à la culotte notre ami Éric Zemmour ! Ses interventions tonitruantes synchronisées avec les apparitions d’Eric sont-elles délibérées ? Évidemment ! Mais, l’idée n’est pas tant de se hausser du col parmi les chefs de la droite, et de se faire une place parmi eux, que de faire de la place à Marine Le Pen qui se trouverait ainsi un cran au dessus du niveau d’Eric Zemmour. Est-ce aussi malin que cela pourrait paraître ? S’exposer à la comparaison n’est -il pas dangereux pour le Poulin de Marine ?

  3. Grave erreur que d’annoncer aujourd’hui une n ième candidature de MLP pour 2027 (idem chez LR avec Ciotti qui s’engage pour Wauquiez).
    Avec de telles déclarations, la defaite de la droite est assurée pour longtemps…

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