En 1918, la victoire de l’ française donne l’occasion, à la Pologne, de regagner son indépendance après avoir été partagée pendant 123 ans entre Prusse/Allemagne, Autriche et Russie. Mais dès 1919, des conflits territoriaux éclatent avec la Russie soviétique qui cherche déjà à dominer l’ centrale en faisant la jonction entre l’éphémère soviétique hongroise et les révolutionnaires allemands via la vassalisation de la Pologne. En effet, en 1919, les Bolcheviks alignent les victoires et anéantissent les troupes des Russes blancs alliées des Français et Britanniques qui sont obligées de quitter la Russie.

Grisés par leurs victoires, les Bolcheviks pensent que les nations européennes vont se soulever et instaurer des régimes communistes. Pour eux, le basculement de la patrie de Marx, l’Allemagne, aura un effet domino sur les autres pays européens. Aussi, soutenir les révolutionnaires allemands devient une priorité et, pour ce faire, il faut passer par la Pologne. Pour Lénine, si la Pologne cède, alors l’Europe de l’Ouest basculera.

La guerre civile avec les Russes blancs finie, en 1920, les Bolcheviks peuvent se consacrer entièrement à la conquête de l’Europe. Ainsi, la même année, l’Armée rouge envoie 800.000 hommes sur le front polonais. Conscients du danger, les Polonais, en avril, appuient les Ukrainiens afin d’établir un état tampon entre eux et les Bolcheviks. Les troupes polono-ukrainiennes remportent de nombreux succès mais, dès mi-mai, la situation se dégrade et, en juin, l’Armée rouge réussit à briser le front polono-ukrainien. Les Polonais, en infériorité numérique, entament alors une de cinq semaines et doivent subir les horreurs de l’Armée rouge qui empale et émascule.

Pendant ce temps-là, le gouvernement britannique cède au chantage des syndicats qui demandent au gouvernement de choisir entre abandonner la « Pologne blanche » et subir une générale. En France, dans L’Humanité, les socialistes déclarent : « Pas un homme, pas un sou pour la Pologne réactionnaire et capitaliste. Vive la révolution russe ! Longue vie à l’Internationale du Travail ! » Les armes n’arrivent pas aux Polonais, qui en manquent cruellement, car les travailleurs allemands empêchent leur arrivée. Mais la France d’alors mène une lutte farouche contre les Bolcheviks et n’abandonne pas la Pologne. Elle participe à l’équipement de l’armée polonaise, dont l’armée « bleue » du général polonais Haller et l’aviation polonaise comptent nombre de pilotes français. Elle a déjà envoyé, en 1919, plus de 400 conseillers militaires (dont le futur général ) de grandes qualités et expérimentés. Ces derniers vont instruire l’armée polonaise de façon décisive en améliorant son organisation et sa logistique. En juillet, alors que la situation est très grave, la France dépêche, via la mission interalliée, le général Weygand, chef d’état-major du maréchal Foch qui est coauteur du plan de bataille décisif du « Miracle de la Vistule ».

En août, la situation semble désespérée, le 10, l’Armée rouge traverse la Vistule et fonce sur Varsovie. Mais le 15 août 1920, alors que toute la Pologne prie la Vierge Marie, l’armée polonaise repousse les Bolcheviks et sauve Varsovie, la Pologne et peut-être même l’Europe. Cette date rentrera dans l’Histoire comme le « Miracle de la Vistule » et est désormais liée, en Pologne, à la fête de l’Assomption de la Vierge Marie.

Varsovie, reconnaissante, décorera tous les officiers supérieurs français en Pologne de l’ordre de Virtuti Militari, la plus haute décoration militaire polonaise. Le maréchal Józef Piłsudski (1867-1935), un des pères de l’indépendance polonaise, chef militaire et de l’État polonais, ira en personne en France pour décorer le maréchal Foch. Il décrochera de sa poitrine sa croix de l’ordre de Virtuti Militari, qu’il avait portée durant toute la guerre contre les Bolcheviks, pour l’accrocher sur celle de Foch, qui sera fait maréchal de Pologne en 1923.

17 août 2020

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