Editoriaux - Polémiques - Politique - Société - 23 février 2019

Heureusement, Alain Finkielkraut est là pour remettre à sa place Marlène Schiappa…

Alain Finkielkraut a la tête sur les épaules et cela fait plaisir. Quand Marlène Schiappa compare LMPT et islamistes, le philosophe et académicien remet les choses en place.

Agressé par les propos haineux d’un musulman fanatique, l’écrivain n’a pas perdu son sang-froid. Refusant la récupération politicienne d’insultes qui le grandissent autant qu’elles abaissent leur auteur, à l’instar de son coreligionnaire Gilles-William Goldnadel, il s’est montré d’une rare dignité. L’antisémitisme, la haine irraisonnée du juif, est une chose trop sérieuse pour être abandonnée à la bien-pensance médiatique. Lorsque ces gens se précipitent pour dénoncer de tels actes, la pureté de leurs intentions est suspecte.

Ainsi, sur Europe 1, Alain Finkielkraut a répondu sans détour. Interrogé sur les propos douteux de la dame Schiappa au sujet de la convergence idéologique entre islamistes, extrême droite et Manif pour tous, sa réaction n’a pas tardé : “ignoble”. Et d’ajouter aussitôt que ces gens – Schiappa et consorts – auraient aimé que la Manif pour tous soit à l’origine de son agression. On ne saurait être plus lucide.

En effet, les « forces de progrès » n’ont aucune compassion pour le philosophe juif insulté. Elles ne cessent de dénoncer ses propos, ses analyses et ses critiques dont l’indépendance intellectuelle leur est insupportable. À l’image d’un Éric Zemmour ou d’une Élisabeth Lévy, en moins polémique, sa judéité ne le protège presque plus. Mais prises au piège d’une agression filmée en direct, au caractère judéophobe affirmé, elles ne pouvaient pas faire autrement que de se lever comme un seul homme et voler au secours de l’académicien. S’il eût été archevêque de Paris, cet événement n’aurait donné lieu qu’à une sobre information dans la presse.

Pour leur malheur, si l’agresseur portait un gilet jaune, il portait surtout la barbe du prophète. Nul n’ignore, comme l’a encore rappelé Gilles-William Goldnadel, que depuis la Libération, tous les attentats antisémites sont le fait des islamistes. Quant aux quelques imbéciles au discours néonazi, combien de divisions ?

Les exigences progressistes imposent non seulement de ne pas stigmatiser une communauté musulmane décrite comme tolérante et paisible, mais encore de dénoncer la prétendue violence raciste, antisémite et homophobe des réactionnaires, lecteurs de Valeurs actuelles et électeurs de droite, qui sait défiler sans l’ombre d’une violence contre les délires sociétaux dont on fait l’alpha et l’oméga de l’action politique. Ah si, par bonheur, l’agresseur de Finkielkraut avait pu être un jeune mâle catholique, engagé politiquement ou, mieux encore, identitaire ? La victime n’a rien dit d’autre. En dénonçant l’amalgame scandaleux fait par Marlène Schiappa, il a simplement rappelé que son identité juive ne l’empêchait pas de dénoncer toute forme d’exploitation de la haine au profit d’intérêts politiques.

Madame Schiappa, outre son titre de sous-ministre, exerce aussi des fonctions de saltimbanque aux côtés d’un animateur de télévision connu pour sa subtilité et met sa plume au service d’œuvres que les points presse de gare ne savent pas écouler. L’une d’entre elles s’intitule Les filles bien n’avalent pas… Qu’Alain Finkielkraut se rassure : il ne risque pas – pas encore ? – de la croiser sous l’habit vert.

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