Editoriaux - Environnement - Polémiques - 23 février 2019

Fouette cocher et accrochez les Wargon !

Qui, mieux que la secrétaire d’État à la “Transition écologique et solidaire”, est informé des pics de pollution ? Qui doit, plus que tout autre, montrer l’exemple du respect des limitations de vitesse pendant ces épisodes ? Et voici que le syndrome de Cahuzac vient de frapper la titulaire du poste, Emmanuelle Wargon, plus connue jusqu’à présent pour la compatibilité discutable de son poste avec celui qu’elle occupait précédemment : lobbyiste en chef, en matière environnementale, du groupe Danone.

La dame vient, en effet, de se faire flasher à 150 km/h sur l’autoroute A1, où la vitesse était temporairement limitée à 110 km/h par la préfecture, et clairement signalée. Pas franchement écologique, mais solidaire quand même, puisqu’elle affirme qu’elle réglera royalement l’amende de sa poche (pour les quatre points de permis de son chauffeur, on a moins de précisions). Le cabinet de la secrétaire d’État explique qu’ils “ont dû rouler vite car ils étaient pris dans l’urgence de l’agenda”. Quoi de plus urgent, en effet, que d’aller prêcher le catéchisme “escrologiste” (et les taxes qui vont avec) aux quatre coins de l’Hexagone ? Quand le pronostic vital d’un champ d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques est engagé, on ne barguigne pas…
Les employés qui doivent prendre un avion, le plombier appelé pour une fuite, le médecin pour un cas inquiétant, ne connaissent, eux, rien des “urgences de l’agenda” : à plus de 80 km/h, ce sont les fameux “criminels de la route” de madame Perrichon ! Des gens qui, comme dit Benjamin Griveaux, “fument des clopes et roulent au diesel”

Rien à voir avec madame Wargon, HEC + Sciences Po + ENA, ce triangle des Bermudes où s’abîme tout sentiment d’appartenance au petit peuple.

Le plus ébouriffant, c’est que, contrairement à la conviction injectée dans nos cerveaux, on nous intime de lutter contre une pollution de l’air devenue quasiment imaginaire.

Grâce aux progrès des industries, des modes de chauffage et des véhicules… le plomb, le dioxyde de soufre et le monoxyde de carbone ont déjà totalement disparu. Restent les particules fines, mais en nette diminution, comme en témoignent les monuments ravalés il y a des décennies, mais toujours d’une fraîcheur immaculée. D’ailleurs, il ne sert à rien de battre le tam-tam pour leurs très rares pics ; en effet, c’est l’accumulation dans le temps qui est dangereuse, et non une brève exposition. Qu’est-ce qui est le plus risqué : fumer un paquet de cigarettes chaque jour de sa vie ou trois paquets d’un coup une fois tous les dix ans ? La réponse est évidente !

Dans un récent opuscule*, Christian Gerondeau démonte, pièce par pièce, tout le système qui consiste à affoler les populations avec des risques qui n’existent plus, mais qui occupent “des milliers de chercheurs et d’agents publics, dont 700 au sein des 22 Observatoires de la qualité de l’air tels qu’Airparif” et justifient des politiques aussi ruineuses qu’inutiles et répressives.

Il y a donc peu de chance de trouver l’ouvrage dans les bibliothèques scolaires…

* L’air est pur à Paris… mais personne ne le sait, Éditions l’Artilleur.

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