Audio - Editoriaux - Entretiens - International - 13 août 2019

Hervé Mariton : « Il faut soutenir la population de Hong Kong et dire à la Chine qu’il y a des limites »

Hervé Mariton, maire de Crest (Drôme), ancien député et ancien ministre, analyse la situation à Hong Kong : « C’est notre devoir de dire nos valeurs. Ce serait bien que la France s’exprime. »

Le titre de votre tribune, parue dans Le Figaro Vox, est « Défendre la liberté à Hong Kong ». Selon vous, que se passe-t-il, à Hong Kong ?

À Hong Kong se joue le combat pour la liberté. Cette communauté de plusieurs millions de personnes subit une remise en cause de son niveau de liberté. Ils constatent que la Chine continentale et communiste veut l’entamer. Hélas, il n’y a qu’une très faible solidarité internationale. L’Europe et l’Occident ont pourtant bien la responsabilité de dire, avec la population de Hong Kong, à Pékin qu’il y a des limites, que nous avons la volonté d’affirmer et de partager des valeurs. La population de Hong Kong doit être soutenue et défendue. Il est de notre responsabilité de dire à Pékin que toutes les visions que la Chine continentale peut exprimer aujourd’hui ne sont pas nécessairement partagées et soutenues.

Selon le droit international, la Chine a pourtant toute légitimité à récupérer Hong Kong…

Depuis 1997, la totalité du territoire de Hong Kong est considérée comme un territoire de la Chine. Avec l’accord de 1997, il y a deux régimes distincts. Cet accord prévoyait le maintien d’un État de droit et d’un État de liberté. On voit aujourd’hui à Hong Kong qu’ils sont entamés. 
Au-delà de cela, c’est un message pour la liberté que nous avons la responsabilité d’exprimer. Je l’exprime aussi compte tenu de ma connaissance et de mon expérience des questions russes et du peu de liberté qui s’est construit au fil de ces vingt dernières années en Russie. Une des forces de l’Occident, et en particulier de la France, est d’exprimer ce cri de liberté quand nous le ressentons. 
Cela règle-t-il tout ? La réponse est non. Cela fait-il partie de notre responsabilité et de notre identité ? La réponse est oui.
Cela peut-il aider les personnes auprès desquelles on exprime une sympathie ? Je crois que oui.
Il est important que les hommes et les femmes de liberté de Hong Kong sachent qu’ici, en France, en Europe et dans le monde occidental, on pense à eux et on les soutient.

Selon vous, la France, l’Europe et les États-Unis ont-ils la capacité de faire pression sur la Chine ? Des moyens directs sont-ils possibles pour aider le peuple de Hong Kong ?

Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse de pressions directes. Je ne suis pas sûr, non plus, qu’elles seraient absolument efficaces. Je pense qu’il faut dire que le peuple de Hong Kong n’est pas manipulé par des forces étrangères. C’est un sentiment propre qu’il exprime. 
Il est de notre devoir de dire notre conscience, notre vision et nos valeurs. 
Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, s’est exprimé sur cette question de Hong Kong. Le gouvernement britannique a une responsabilité particulière. Je pense qu’il serait bon que la France et d’autres pays s’expriment sur cette question, en disant bien que c’est le peuple de Hong Kong qui crie pour la liberté.
Quand un peuple crie pour la liberté, c’est qu’il n’a tout simplement pas envie que ce qu’il peut avoir de liberté soit abîmé. Nous sommes là pour dire notre sympathie. Je n’ai pas la prétention que cela ait un effet. Mais je pense que cela sert tout de même à quelque chose !

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