Editoriaux - 17 février 2019

Haro sur le baudet éolien…

Ayant participé à toutes les réunions du débat public concernant l’EPR de Penly et le parc éolien offshore au large du Tréport (Seine-Maritime), j’ai eu mon lot de poncifs, d’idées reçues et préconçues sur les éoliennes, qu’elles soient terrestres ou bien offshore.

Il est grand temps de mettre nos pendules à l’heure et d’envisager l’avenir sans bavardages inutiles.

Premièrement. Dans son rapport du 30 mars 2017, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) précise : “À ce jour, si des hypothèses de mécanismes d’effets sanitaires demeurent à explorer, l’examen des données expérimentales et épidémiologiques disponibles ne met pas en évidence d’arguments scientifiques suffisants en faveur de l’existence d’effets sanitaires pour les riverains spécifiquement liés à leur exposition à la part non audible des émissions sonores des éoliennes (infrasons notamment).”

Donc, il n’y aurait pas de danger « majeur » dans l’implantation d’éoliennes.

Deuxièmement. En 2017, la Ligue de protection des oiseaux a compilé et analysé 197 rapports de suivis réalisés sur un total de 1.065 éoliennes réparties sur 142 parcs français.
37.839 prospections documentées ont permis de retrouver 1.102 cadavres d’oiseaux.
Ce qui fait moins d’un oiseau par éolienne et par an !

Donc, les éoliennes ne sont pas des « hachoirs à oiseaux ».

Troisièmement. En ce qui concerne l’éolien terrestre, chaque projet est étudié par la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) qui se réunit pour donner un avis favorable ou défavorable. Avis sur lequel la préfecture est censée s’appuyer pour valider, ou non, les dossiers. Commission composée d’experts (environnement, architecture, patrimoine…) mais aussi d’élus et de représentants des services de l’État.

Donc, si les différents sites éoliens ont été autorisés à s’implanter, c’est que lesdites commissions ont donné leur feu vert en toute connaissance de cause.

En ce qui concerne l’éolien offshore, prenons l’exemple du peut-être futur parc éolien en mer de Fécamp, lequel se compose de 83 éoliennes d’une puissance totale de 498 MW et qui seront localisées entre 13 et 22 kilomètres au large de Fécamp, sur une surface globale de 67 km². À cette distance, une éolienne qui mesure plus de 100 mètres de haut ne dépasse pas 1 cm !

Donc, quid de la pollution visuelle ?

Quatrièmement, et enfin. On nous a dit que le béton nécessaire aux fondations des éoliennes serait source de pollution des sols en rejetant des alcalins et diverses substances chimiques s’infiltrant dans les nappes phréatiques. Mais alors, que penser des millions de tonnes de béton utilisés pour la construction des centrales nucléaires, et quid de leur démantèlement ?

Brénilis : 18 ans d’activité pour 47 de démantèlement… et ce n’est pas terminé.
Et combien cela va coûter ? EDF aurait provisionné 18 milliards d’euros, mais on parle d’un coût de plus de 250 milliards ? Sans parler de l’enfouissement des déchets…
Si l’énergie nucléaire était « vraiment » propre et sans danger, comme le prétendent certains « experts », pourquoi les abords du tunnel d’évacuation des eaux de La Hague sont-ils interdits, pourquoi y trouve-t-on des crabes « énormes », des moules plus grosses que ma main ? Pourquoi la plage de Saint-Martin-en-Campagne est-elle interdite à la baignade ? Peut-être la proximité de la centrale électro-nucléaire de Penly ?

Il faut développer toutes les solutions possibles : éoliennes terrestres et offshore, panneaux solaires, hydroliennes, sans oublier les énergies du végétal. C’est en multipliant ces solutions que l’on réalisera une vraie transition énergétique.

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