Editoriaux - Table - 17 janvier 2018

Le gouvernement a enfin tranché

Enfin une décision.

L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Enfin le retour de l’autorité de l’État.

La zone de non-droit occupée par les “zadistes” sera évacuée, par la force si nécessaire.

Je devine tout ce que les partisans du projet ne vont pas manquer de faire valoir, jusqu’à l’accusation extrême de reniement, de trahison. Le président du conseil départemental de Loire-Atlantique et de la zone aéroportuaire l’a déjà fait, d’ailleurs, en s’exprimant, contre toute courtoisie républicaine, avant le Premier ministre.

La décision d’abandon a été très habilement présentée, habillée. Le propos a été structuré et respectueux. Ont été éliminés, certes, tous les arguments techniques et démocratiques (une consultation populaire avait abouti à un vote contraire) qui auraient été de nature à rendre discutable le point de vue gouvernemental.

Puisque l’essentiel n’était pas là. Mais manifester qu’on était passé du temps des hésitations au temps de l’action. Et pour cette imbroglio à dénouer, choisir, c’était agir.

Le Premier ministre a mis en avant deux données fortes qui, tactiquement, sont en effet convaincantes.

Un tel projet de nouvel aéroport n’aurait pas pu être mené à bien dans une atmosphère aussi divisée, dans un climat aussi antagoniste avec peu ou prou des partisans et des adversaires en nombre égal. L’abandon, donc, n’est pas une fuite ni une lâcheté mais une sagesse.

Il fallait décider et le gouvernement le fait en tranchant le nœud gordien avec courage et en choisissant enfin une branche de l’alternative.

Enfin !

L’état de l’autorité en France recouvrera du crédit avec la fermeté et les engagements du Premier ministre, avec l’autorité de l’État affirmée et concrétisée.

Il est clair que si la promesse de rétablir l’ordre et de redonner à cette zone sa destination libre et naturelle n’était que purement verbale, opportuniste, fallacieuse, on serait alors fondé à soutenir que les zadistes l’avaient emporté et qu’en effet, le pouvoir leur avait cédé.

Mais, aujourd’hui, le pire n’est pas sûr.

L’intense débat, contestation et opposition qui va surgir à la suite de cette double décision sera sans doute insupportable, durable, outrancière. On pourra la comprendre.

Mais on sera enfin sorti d’un infernal guêpier que chaque pouvoir avait pour objectif de laisser à son successeur.

Je suis heureux de constater que mon billet du 8 janvier sur La ZAD : une zone à dégager n’a pas été démenti et que je n’avais pas tort d’espérer.

On a envie de dire enfin et merci !

Extrait de : Justice au Singulier

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