Le matraquage est incessant. À longueur de journées, d’ondes et d’images, c’est une litanie sans fin : Covid le matin, Covid à midi, Covid le soir… Comme on le ferait des cités reprises à l’ennemi dans une guerre fratricide, on égrène le nom des villes qui passent victorieusement au obligatoire dans les rues. On nous bassine avec « le village des bons réflexes », on en rajoute une couche sur la canicule : passez à l’ombre, buvez frais, pensez à vous rafraîchir sous les aisselles et si vous ventilez mémé, n’oubliez surtout pas de mettre votre parce que le virus fait des bulles.

Les « sachants » à la face de carême qui ont meublé nos longues journées de confinement sont de retour sur les plateaux, tournant à un rythme tel qu’on se demande bien quand ils peuvent encore croiser des malades ! Dans ce quizz quotidien qui n’est pas sans rappeler le « Schmilblick » de feu Coluche, c’est le grand n’importe quoi, l’assurance de tout et son contraire, la prime aux injonctions fumeuses et contradictoires qui, in fine, concourent à installer la grande peur sur la ville et bâillonner les citoyens. Jusqu’où ?

Jusqu’où cela peut-il tenir ? Jusqu’à quand, aurait dit Corneille, supporterons-nous ces tartufferies ? Combien de temps, encore, avant que ça ne tourne à la guerre civile entre pro et anti-masques ? Entre confineurs systématiques et fêtards débridés ? Entre jeunes et vieux ? Entre raveurs et paysans, comme ce week-end, à Hures-la-Parade, au sud de Mende ?

On relèvera, d’ailleurs, à ce propos le titre du HuffPost, très instructif quant à la position – faut-il dire la posture ? – des médias : « En Lozère, une rave party rassemble plus de 10.000 personnes en plein Covid-19 ». J’aurais compris « en pleine nature », « en plein champ », « en plein Causse », peut-être, « en plein mois d’août » assurément… mais « en plein Covid-19 » ?

Il y avait donc 10.000 personnes et 2.500 véhicules (chiffres de la préfecture) sur un terrain privé du causse Méjean, ce samedi soir, pour une rave-party impromptue, et 5.000, encore, à se trémousser au milieu des pâturages, dimanche après-midi. Pas vraiment le village des bons réflexes, plutôt sans chemise-sans pantalon, surtout sans masque et sans distance physique. Passons sur la violation de propriété, les risques d’incendie, les brebis affolées par le zim-boum assourdissant… « Quand je vois les contraintes que l’on impose aux agriculteurs qui ne peuvent même plus bouger un caillou du causse sans être verbalisés et ces personnes qui font absolument ce qu’ils (sic) veulent sur le causse sans même porter de masque, je me dis que cela doit changer », déplore, auprès de l’AFP, le responsable régional de la coordination agricole.

Que fait la police ? se demande le paysan du coin. Elle veille à distance : deux escadrons de gendarmerie dépêchés, dimanche matin, pour empêcher les troupes de grossir. Et des consignes à la population : « rester à distance et ne pas intervenir », et surtout bien fermer les habitations et surtout les granges, dit monsieur le maire, car on se souvient de la précédente édition, il y a vingt ans tout juste, où l’on avait constaté « une recrudescence des cambriolages et notamment des vols de gasoil ». Ben quoi, faut du carburant pour pouvoir rentrer à la maison quand la fête est finie !

Chez nos voisins flamands on en est à interdire les plages. À Knokke et ses environs, il faut une « preuve » pour justifier sa venue, rapporte l’AFP : « Tous les véhicules seront contrôlés. Quiconque n’a pas de raison valable d’être à Knokke devra faire demi-tour immédiatement », ont averti les élus. « La police surveillera strictement toutes les villes côtières pour s’assurer qu’elles respectent toutes les directives. Les contrevenants seront sévèrement punis. »

Il faut dorénavant « une raison valable » pour aller à la plage, et 35° à l’ombre n’en est pas une. Vous voilà prévenus !

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