Est-ce qu’on ne va pas bientôt foutre la paix à ce gouvernement ? Voici des femmes-zé-des-hommes qui se consacrent corps et âme pour remettre le pays d’équerre, réforment comme on ne l’a peut-être jamais fait depuis Colbert, et l’on ne trouve pas mieux que de les harceler avec des broutilles ? Non, franchement, on n’a rien d’autre à faire, dans ce pays !

Il y a deux ans, c’était la pauvre , alors ministre de la Culture, à qui on reprochait des aménagements dans ses librairies de Paris et d’Arles sans en avoir demandé l’autorisation. Qui n’a pas construit en loucedé sa cabane, son cabanon ou sa cabanette au fond du jardin, un samedi matin dans une pulsion bricolagière ? Le depuis remercié ministre avait alors plaidé une négligence. Pas très jolie, la négligence ; la preuve avec l’expression « une personne qui se néglige ». Mais, au fond, rien de peccamineux : la négligence est une « faute non intentionnelle », nous dit le dico. J’ai pas fait exprès, quoi.

En septembre dernier, c’était au tour du ministre de la Justice de se faire rattraper par la patrouille. En 2017, lorsqu’elle entra au gouvernement, Mme Belloubet n’avait pas déclaré à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) tous ses biens immobiliers, comme la loi lui en fait obligation. Manquait pas grand-chose dans l’inventaire : deux appartements à Paris et des parts dans une maison en Aveyron, pour une valeur de 336.000 euros. Le garde des Sceaux avait plaidé l’oubli. Pas très joli, non plus, l’oubli : pensez au chat qui s’oublie sur le tapis. Mais, là aussi, rien de peccamineux, de délictueux. Dans l’oubli, il y a l’idée que ce n’est pas intentionnel. On peut, par exemple, oublier de payer ses impôts. C’est, du reste, pourquoi ce gouvernement a inventé le droit à l’erreur. En mars dernier, il a même lancé un site baptisé oups.gouv.fr.

Dernier « oups en date », qui a oublié de déclarer sa qualité d’administrateur de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (IFPASS). La chose est largement relayée dans les journaux de ce jour pour ne pas s’étendre sur le sujet. , dans un communiqué de presse, demande la démission du gouvernement du haut-commissaire aux Retraites. Ce dernier démissionne… de sa fonction d’administrateur. Le geste est d’autant plus beau qu’il paraît que la fonction est bénévole. C’est ce qu’on doit appeler un acte gratuit. Explication du hautement commissionné : « C’est une omission par oubli. » Curieuse expression. Comme un relent de Confiteor. Il aurait pu dire aussi : « C’est un oubli par omission », ça marche aussi dans ce sens.

Enfin, avec tout ça, y a quand même pas mort d’homme. Et puis, on a envie de retourner contre les Français la fameuse sortie de Pompidou à son cabinet lorsqu’il était Premier ministre : « Mais arrêtez donc d’emmerder les Français ! » Comme les gens peuvent être mesquins !

9 décembre 2019

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