Inutile de rappeler le CV de Karim Cheurfi. Il est dans tous vos journaux. Et il est clair : cet individu n'aurait jamais dû se retrouver dans la nature. Et, en tout cas, le « sursis avec mise à l'épreuve » auquel il était soumis (et qu'il ne respectait pas !) était, dans son cas, une vaste plaisanterie. Qui a, une fois encore, causé la mort d'un innocent.

Et donc, depuis les précisions factuelles apportées par le procureur Molins, une bonne partie de la presse, essayant de défendre l'indéfendable, s'appuie sur deux jalons de son parcours judiciaire et carcéral pour tenter d'exonérer la justice et nos gouvernants de leurs responsabilités et de relancer la chanson fataliste : « On ne pouvait pas savoir. On ne pouvait pas prévoir. » Primo, il n'était pas fiché S. La belle affaire ! Il était bien au-delà de la fiche S, le bougre ! Un ultra-violent multirécidiviste, condamné à vingt ans pour tentative de meurtre sur des policiers et qui ne s'était absolument pas « rangé » ces dernières années ! Deuxio, on n'avait pas repéré de signe de radicalisation durant son séjour en prison ! Feint-on de croire et de nous faire croire que la radicalisation islamiste est un long processus observable, que nos tueurs radicalisés vont tous faire leur coming out en prison, avec un pot de départ ? On a parfois l'impression que ceux qui entonnent ce discours prennent les Français pour des idiots ...

Tout cela nous donne des titres abracadabrantesques dans nos journaux. Le Point : « Un récidiviste anti-flics » ; Sud-Ouest : « Attentat des Champs-Élysées : la radicalisation express d’un multirécidiviste » ; La Dépêche titre « Karim Cheurfi : agent de ou tueur fou ? » et enfonce le clou : "Le tueur des Champs-Élysées était-il un islamiste radical, comme le laisserait penser une revendication (curieuse…) de Daech ? Ou s'agit-il d'un fou, tueur de policiers ?" Mais notre scrupuleux confrère est bien obligé de mentionner dans la suite de l'article qu'on a bien retrouvé un Coran dans sa voiture et des "éléments de radicalisation" à son domicile...

En fait, cette presse, cette justice et ces politiques se payent de mots pour noyer l'énorme poisson. Celui de l'ampleur de la mouvance islamo-racaille, de ses mille nuances, des variantes infinies de la radicalisation. Est-ce trop demander à cette presse, à ces juges et au pouvoir que d'avoir, face à ce phénomène massif, une pensée complexe, loin du simplisme que manifestent ces titres confondants de mauvaise foi ? Et, enfin, le courage de dire les choses et la volonté d'agir avec ampleur contre ce phénomène ? Et, d'abord, de cesser les complaisances pour l' de la France ?

Car Karim Cheurfi était un gros, gros poisson... Qu'ils n'auraient jamais dû laisser dans la nature. Un état d'urgence qui n'est pas capable de mettre hors d'état de nuire de tels individus n'est, là encore, qu'un mot creux. Si l'état d'urgence doit être pérennisé, il faut que ce soit sur d'autres bases. Pour que les mots retrouvent un sens, la politique son honneur et les Français confiance. Et, d'abord, pour sauver des vies innocentes.

23 avril 2017

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