Faut-il se baigner à poil dans les piscines pour montrer son opposition au burkini ?

Dans la majorité, on marche de plus en plus sur la tête. Hier, on excluait du groupe LREM Agnès Thill, accusée de propos « polémiques » et « pernicieux » sur l’extension de la PMA. Aujourd’hui, on hésite à condamner le port du burkini en piscine, comme s’il n’était pas évident que c’est une provocation islamique pour tester la capacité de résistance de notre République. Marlène Schiappa condamne sans vraiment condamner : « Interdire victimiserait encore davantage les personnes qui mènent cette opération », a-t-elle déclaré.

À Grenoble, des femmes de confession musulmane multiplient les actions pour faire reconnaître leur droit de se baigner en burkini dans les piscines municipales. Après les opérations menées dernièrement, elles s’apprêtent à réitérer, dimanche prochain, leur « action de désobéissance civile ». Elles se présentent comme les « Rosa Parks musulmanes », du nom d’une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Car, bien sûr, elles ne revendiquent que le droit de se baigner comme elles veulent dans l’espace public.

On entend encore, sur les plateaux de télévision, de bonnes âmes éprises de liberté qui rappellent que nous vivons dans un État de droit et que rien n’interdit à une femme de s’habiller à sa guise ni de porter un burkini. Si vous émettez l’hypothèse que ce type de tenue n’a pas pour objectif de protéger la pudeur des femmes mais de faire entrer l’islam dans notre paysage culturel, si vous ajoutez que le burkini est, dans la piscine ou dans la mer, ce que le voile intégral est dans les rues, vous vous ferez traiter de tous les noms.
Dans ces conditions, pourquoi ne pas admettre d’autres usages communautaristes, comme les demandes de viande halal dans les cantines, les horaires de piscine réservés aux femmes ? Pourquoi ne pas payer des muezzins pour lancer l’appel à la prière ? Les églises font bien sonner les cloches, entend-on déjà comme argument. Pourquoi ne pas accepter la polygamie, fréquente dans les pays à forte population musulmane ? Depuis longtemps, au nom de la liberté, on a mis le doigt dans l’engrenage et l’on tolère de plus en plus les dérives islamistes.

Ces démonstrations identitaires à Grenoble – à ne pas confondre avec la défense de l’identité française, forcément condamnable – sont soutenues par l’Alliance citoyenne, qui se définit comme « une association qui regroupe toutes celles et ceux qui veulent changer ensemble des situations anormales et injustes, en allant interpeller les institutions responsables jusqu’à obtenir des améliorations concrètes ». Bref, une association qui, sous couvert de défendre les intérêts de la population, défend des intérêts communautaires. Elle n’est pas la seule en France et bénéficie de la complicité active ou tacite de l’islamo-gauchisme.

Pour s’opposer à cet entrisme islamiste, quelques administrés ont décidé de mettre le maire devant ses responsabilités en invitant les Grenoblois à venir se baigner « à poil » dans la piscine, le même jour. Plutôt que d’en arriver à de telles extrémités, les autorités publiques, à commencer par le maire écologiste, devraient condamner sans détours le port du burkini. Ce dernier, tel Ponce-Pilate, ne se mouille pas et souhaite que le gouvernement ôte « toute forme d’ambiguïté sur le statut du maillot de bain couvrant ». Ah ! qu’en termes galants ces choses-là sont mises.

Mais que peut-on attendre d’un pouvoir prompt à exclure les dissidents de la bien-pensance, mais indulgent à l’égard des atteintes aux traditions culturelles de la France ?

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