La société, notre monde ont besoin d’icônes incontestables autour desquelles s’unir, se rassembler.

La mort de Simone Veil a permis une extraordinaire adoration, une sorte de sanctification.

L’horreur nazie dont elle a miraculeusement réchappé.

La loi sur l’interruption volontaire de grossesse qu’elle a fait voter en 1975 après un douloureux et remarquable combat parlementaire. Une avancée décisive pour la libération des femmes en même temps qu’une épreuve jamais subie à la légère.

L’Europe, première présidente du Parlement européen. Une passion de toute sa vie.

Des séquences fondamentales dans la tragédie, pour le progrès et l’espoir.

Une ministre exigeante, impatiente et autoritaire.

Une combattante politique sachant avoir la dent acerbe. François Bayrou en sait quelque chose.

Une personnalité admirable, courageuse, volontaire, engagée et respectée par beaucoup. Superbement humaine avec ses ombres et ses lumières.

Depuis sa disparition, des hommages médiatiques, des hommages politiques, un hommage présidentiel. Le Panthéon pour elle-même et son époux Antoine afin que ces deux êtres qui se sont tellement chéris ne soient pas séparés dans la mort puisqu’ils ne l’ont jamais été dans la vie (Le Point, Match, Le Figaro, ). Un unanimisme sincère mais tellement homogène qu’il relève du miracle.

On aurait le droit de penser à l’abri de son for intérieur – sans tomber dans les délires d’un Henry de Lesquen – que c’est beaucoup. Sans être assuré de la justesse de cette intuition, tout simplement un peu lassé par une surabondance qui a été sans exemple dans notre vie publique.

Qui se permettrait explicitement, par écrit ou par oral, d’oser une critique sur ce plan serait immédiatement lynché.

Est-ce normal en démocratie ?

6 juillet 2017

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