Facture des compteurs Linky : les autorités ont menti

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Le compteur Linky ne devait pas coûter « un centime aux particuliers », avait promis Éric Besson, ministre de l’Industrie et de l’Énergie, en 2011. À condition de ne pas être trop électrosensible, l’usager pouvait donc dormir sur ses deux oreilles sans avoir à mettre la main au portefeuille. Auditionnée au Sénat, le 21 mars 2012, Michèle Bellon, président du directoire d'Électricité Réseau Distribution France (ERDF), assurait que « le budget prévisionnel est équilibré sur vingt ans, c'est-à-dire que les gains, notamment sur les interventions, les déplacements, la relève, mais également sur les pertes, devraient couvrir, à terme, le coût de l'investissement ». Elle y vantait les nombreux avantages du compteur vert pomme : facture calculée sur la base de la consommation réelle, nombreuses interventions réalisées à distance, délais d'intervention plus courts, « mieux accueillir le développement des productions d'énergies renouvelables d'origine photovoltaïque ou éolienne et les nouveaux usages comme le véhicule électrique ».

Un article du Parisien révèle ce qui pourrait bien être un nouveau scandale d’État : les 90 % de foyers équipés en Linky devront finalement commencer à rembourser à partir de 2022. Car si Enedis doit prendre en charge les 5,7 milliards d’euros, c’est bien le consommateur qui remboursera de manière différée les 130 euros par foyer. Ce différé tarifaire « rentrera en action l’année prochaine, à raison de plusieurs centaines de millions d’euros prélevés chaque année sur la facture, pour un total 2 milliards d’euros en 2030 ».

Concernant les 3,7 milliards restants, Enedis argumente économiser un milliard de charges d’exploitation sur les quatre prochaines années grâce au nouveau compteur. À terme, les économies générées bénéficieront-elles au consommateur ? Anne-Sophie Dessillons, directrice adjointe des réseaux à la Commission de régulation de l’énergie (CRE), estime, dans les colonnes du quotidien : « Elles pourraient impacter positivement le tarif d’utilisation du réseau. Certes, il ne baissera pas, mais peut-être augmentera-t-il un peu moins vite que si Linky n’avait pas été déployé. »

Jean-Luc Dupont, vice-président et porte-parole de la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) rappelle que « tout le monde devait être gagnant dans cette histoire. Il semble pourtant bien que le compteur profitera uniquement au distributeur. Auquel cas, le consommateur n’a pas vocation à le financer. » En attendant, le consommateur devrait voir sa facture augmenter de quinze euros annuels de plus sur les sept ou huit prochaines années.

Iris Bridier
Iris Bridier
Journaliste à BV

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