Avec l’ère Meiji (de 1868 à 1912), le s’occidentalise, aux dépens de son système féodal, et s’ouvre un peu plus au monde. Cette ouverture est l’occasion, pour les artistes occidentaux, de découvrir l’art japonais, notamment à travers « les maîtres de l’estampe [qui] ne prétendaient délivrer d’autre message que la célébration de la nature et la vie contemporaine » (plaquette de l’exposition).

Ainsi, impressionnistes et postimpressionnistes vont particulièrement s’imprégner de cet art japonais. C’est ce que retrace l’exposition du musée des Impressionnismes, à Giverny (Eure), du 30 mars au 15 juillet 2018 : Japonismes – Impressionnismes.

Dans un cadre aussi aéré qu’ingénieusement pensé pour la peinture, plusieurs toiles des plus grands peintres de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe s’offrent à notre regard, ainsi que de nombreuses estampes japonaises. Étant donné la renommée internationale de Giverny – Claude Monet y termina sa vie, entourant d’une attention toute particulière son œuvre la plus vivante, à savoir son jardin, que l’on visite toujours aujourd’hui –, des tableaux exceptionnels ont été prêtés par des musées et des particuliers.

Là, une nature morte d’Auguste Renoir – Nature morte au bouquet – offre un mélange hétéroclite d’objets occidentaux et japonais, disposés avec ce naturel caractéristique du peintre. Plus loin, une Femme à sa toilette, de Pierre Bonnard, montre de manière évanescente une scène renvoyant à une estampe de Torii Kiyonaga, Bain de femmes. Les similitudes sont nombreuses entre artistes occidentaux et japonais, les premiers revendiquant une modernité picturale quand les seconds s’inscrivent dans une longue tradition. Preuve que, loin de certaines idées reçues, les impressionnistes, admirant par ailleurs la peinture française du XVIIIe siècle, ne firent pas table rase du passé.

Les amoureux des chats apprécieront Le Rendez-vous des chats, ondulante et japonisante lithographie d’Édouard Manet. Claude Monet est avantageusement représenté, notamment avec deux tableaux de sa série peinte à Belle-Île-en-Mer, en 1886, rendant avec justesse ces « aspects absolument terribles » de l’océan, confiait-il alors. Quant à ses Pommiers en fleurs au bord de l’eau, ils raviront les visiteurs japonais, si attachés à leurs cerisiers – les fameux sakura – au printemps. Ici, les correspondances avec le sont tantôt visibles tantôt dissimulées, invitant à un jeu de découverte.

Enfin, une telle exposition ne saurait être complète sans la présence de Katsushika Hokusai. Et l’on est servi, entre autres, avec Sous la vague au large de Kanagawa, de la suite des Trente-six vues du mont Fuji.

Je pourrais aussi parler de La Ronde des petites Bretonnes, de Gauguin, de la lumineuse et entraînante Valse, de Félix Vallotton, mais le mieux est d’aller se rendre compte sur place de cette exposition dont on peut dire que « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, / Luxe, calme et volupté » (Charles Baudelaire, L’Invitation au voyage).

2 avril 2018

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