Economie - Editoriaux - International - 13 mai 2019

Et soudain, le monde entier comprit qu’il avait été abusé et devint « trumpiste »

Quoique entrepreneur (entre autres) de spectacles, Donald Trump eut contre lui la plupart des médias américains écrits (New York Times et Washington Post) ou télévisés (CNN) faisant ouvertement campagne pour le clan Clinton. Novice en politique, milliardaire, renégat du parti démocrate, atypique et imprévisible, il semblait être une cible facile. De plus, son programme, accusé de simplisme, dérangeait les grandes sociétés du commerce et une partie du complexe militaro-industriel. En outre – et c’était le pire -, il était un mâle blanc, WASP, de plus de 70 ans. Car c’est ainsi que le désignait la pensée unique du bobo-gauchisme yankee qui prétend lutter contre la xénophobie, la misogynie, l’homophobie, le « populisme », le climato-scepticisme…

Enfin, et plus « sérieusement », des prix Nobel d’économie incompétents (eh oui, ça existe) et des chroniqueurs inconsistants prophétisaient les plus grandes catastrophes aux USA et dans le reste du monde. Pour compléter le tout, on ajoutera le déversement de ragots, calomnies, diffamations relatives à sa vie privée et la suspicion de haute trahison par collusion avec la Russie !

Et voici qu’un formidable basculement, inouï, se produit sous nos yeux : les résultats économiques américains sont exceptionnels : le plein-emploi est assuré ; la politique de défense mieux comprise ; la relation avec la Russie en passe de s’améliorer (nous pronostiquons un troc diplomatique : le Venezuela en échange de l’Ukraine). L’Iran et la Chine, sous haute pression, sont sur le point de reculer sur les deux graves dangers qu’il représentent, la seconde sur sa démarche hégémonique, commerciale, industrielle, militaire ; la première pour la menace nucléaire mettant en cause la paix en Orient et dans le monde. Et on ne parle plus des ragots ; le rapport judiciaire sur la « collusion russe » le blanchit, la chimère de la destitution s’effondre dans une odeur de soufre, les sondages remontent inexorablement.

Il y a quelques semaines, les médias français se demandaient, en plein doute : « Et si Trump avait raison ? » Depuis quelques jours, stupéfaits ou accablés, ils doivent reconnaître les étonnants succès du « trumpisme ». Chômage à 2,9 %, croissance à 3,2 %, relocalisations, investissements massifs. Au plan économique international : remise en ordre de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain entre les USA, le Canada et le Mexique), taxation des importations « dumpées », remise en cause de l’OMC, bras de fer avec la Chine, réduction du déséquilibre de la balance commerciale. Silencieux jusque-là, des spécialistes jugent que, oui, la Chine trichait et triche de façon gigantesque.

Les raisons du formidable succès du président Trump sont la volonté simple et de bon sens de défendre les intérêts de son pays, donner la priorité à l’économie réelle, abaisser les impôts, défaire les carcans des traités multilatéraux lorsqu’ils deviennent destructeurs. Certes, la richesse du sous-sol (hydrocarbures de schiste) a contribué à ce spectaculaire succès. Certes, encore, nul ne peut prédire si le prochain éclatement de la bulle financière mondiale reproduira à la même échelle la même dévastation que l’épisode des subprimes.

Enfin, il serait injuste de ne pas nommer les penseurs qui, avec la grande discrétion des vrais intellectuels, inspirent l’action du président Trump qui les écoute bien plus attentivement qu’on ne le sait. Ainsi, en économie, il retient des conseils sur les taxations douanières (BAT) des professeurs d’économie Douglas Holtz-Eakin (Syracuse University) et Alan Auerbach (Berkeley University). Pour les questions internationales, il tire les conséquences des analyses du Pr. John Mearsheimer (Chicago University). Mearsheimer a compris les changements paradigmatiques radicaux du monde post-URSS, en a exposé les conséquences dans ses écrits et ne s’est jamais trompé.

Les Européens, qui vont voter dans deux semaines, auront le choix entre deux philosophies économiques et politiques : celles qui échouent à Bruxelles et celles qui réussissent partout ailleurs dans le monde, singulièrement dans l’Amérique du président Trump.

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