Editoriaux - Musique - People - Société - 7 décembre 2018

Et pendant ce temps-là, Johnny Hallyday…

C’est ma faute, ma très grande faute… J’ai tort, je le sais, de vouloir trouver de la cohérence aux choses, une logique aux comportements, des motifs à l’idolâtrie.

En ce mercredi 5 décembre, voilà un an tout juste que notre gloire nationale – et strictement nationale, car personne, au-delà des frontières, n’en a jamais fait cas – s’en est allée au paradis des chanteurs. Johnny Hallyday n’est plus mais il est toujours là, occupant le devant de la scène avec sa veuve, ses enfants, son pognon et ses chansons.

Curieuse époque où la jacquerie commence à sentir méchamment le roussi de la révolution et où les révolutionnaires, qui réclament « des sous » sur tous les tons, se choisissent pour idole un type qui plaçait les siens à l’étranger. Ceci explique en partie cela, me direz-vous : le grand Johnny faisait la nique au fisc.

Je sais, toujours mon goût immodéré de la logique. Mais quand même, je voudrais comprendre pourquoi des smicards prêts à promener des têtes au bout d’une pique si l’on ne rétablit pas l’ISF craquent leurs maigres économies pour alimenter les trusts américains de la famille Hallyday-Boudou.

On n’explique pas l’amour, me direz-vous, et les fans de l’ex-« idole des jeunes » pensent sans doute, du haut de leur naïveté néo-révolutionnaire, que Johnny Hallyday était un rebelle. Tout cela, pourtant, pue le fric et c’est peu dire que les médias nous saoulent avec les règlements de comptes feuilletonnés entre veuve et beaux-enfants (il paraît qu’on se bouscule à Saint-Barth en ces jours d’anniversaire). Le disque posthume bricolé se vend mieux que le pain chez le boulanger. C’est connu, quand on aime, on ne compte pas…

« Mon pays, c’est l’amour. » La bonne blague. Leur pays à eux, c’est plutôt le tiroir-caisse. Dans la famille Boudou, on demande le père, le frère, la grand-mère… André, Grégory, mamie Elyette et cette pauvre petite Laeticia, moderne Cosette à la sauce people. La veuve est bien entourée. Son papa l’a dit : si Johnny n’avait pas rencontré sa famille, il « serait mort ruiné ». Ouf ! Heureusement qu’ils étaient là, ces nobles cœurs.

Enfin, que dis-je : ses veuves ! Toutes là, toutes éplorées, défendant toutes les intérêts de leur progéniture, rechantant les chansons de celui qu’elles n’ont pas oublié.

On attend maintenant la grand-messe à la Madeleine. Célébrée tous les 9 du mois devant une foule nombreuse, la dernière de l’année devrait être grandiose. Ça va ronfler dans les grandes orgues de la nouvelle liturgie : « Retiens la nuit pendant l’eucharistie, j’ai oublié de vivre pendant la communion… » Le père Horaist attend un millier de fidèles (fidèles à Johnny, je précise). Il paraît qu’il doit acheter, chaque semaine, un nouveau livre d’or. Nous habitons un pays de littérateurs. Il les tient « dans un lieu secret » en attendant une thèse qui doit leur être prochainement consacrée. Il a raison, il pourrait bien se trouver des margoulins pour les lui voler et les mettre sur le marché.

Ainsi va la France au temps des gilets jaunes…

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