« On se souviendra que c’est le gouvernement et son chef Macron qui ont rompu l’unité nationale et organisé une chasse aux sorcières contre la gauche. La mort de , c’est l’échec de Blanquer et de Darmanin, prévenus et incapables de le sauver. » Signé , dans un tweet du 23 octobre.

Si la situation n’était pas si tragique, on exploserait de rire. En effet, s’il faut appeler les psychiatres au chevet d’un politicien français, comme le suggère Erdoğan, c’est plutôt du côté de LFI qu’il faudrait se tourner…

À quel degré de déconfiture intellectuelle, voire mentale, faut-il être parvenu pour avancer, quelle que soit l’opinion qu’on a sur MM. Macron et Darmanin, une telle contre-vérité ? Surtout, comment le député qui rase les murs à Marseille ose-t-il prétendre que le problème de l’islamisme serait une maladie récente et circonscrite à ce drame ? On se permettra, d’ailleurs, de lui rappeler qu’il a été ministre délégué à l’Enseignement professionnel dans le gouvernement Jospin (jusqu’en 2002) et qu’il a largement contribué, à ce titre aussi, au délitement du système qui nous explose aujourd’hui à la figure.

Mélenchon est un idéologue atrabilaire qui n’a toujours pas digéré son ascension de mai 2017 et, surtout, la « descension » qui s’en est suivie. S’étant offert, pour la dernière campagne présidentielle, un costume de jardinier, il continue de vouloir ratisser tous azimuts… et se prend des râteaux. Il l’a pourtant reconnu, au lendemain des municipales, désastreuses pour son parti : « Notre politique reposait sur une remobilisation populaire, cela n’a pas rencontré le succès qu’on espérait. » Ce n’est sûrement pas avec sa godille islamo-gauchiste qu’il va redorer son blason…

Une fois de plus Mélenchon perd ses nerfs. Il faut dire que son mouvement est dans le collimateur depuis la décapitation de Samuel Paty, accusé par le gouvernement d’être « le parti de la laïcité honteuse ». De ses ex-amis/ennemis du PS aux figures de LR en passant par le RN, chacun pointe sa dénonciation récurrente de « l’islamophobie » – et notamment le fait d’avoir participé officiellement à la marche du 10 novembre 2019 – et les positionnements outranciers de son entourage, particulièrement ceux de Danièle Obono.

Après Bruno Le Maire déclarant « Il y a le terrorisme […] Et il y a l’idéologie, qui elle est beaucoup plus insidieuse, c’est l’islam politique, qui a ses complicités depuis des années en France, dans les partis politiques, La France insoumise qui ne cesse d’excuser l’islam politique », après Jean-Michel Blanquer accusant « Dans les rangs de La France insoumise, vous avez des gens qui sont de ce courant-là [et qui] favorisent une idéologie qui ensuite, de loin en loin, mène au pire », après Gabriel Attal dénonçant, dans LFI, « le parti de la complaisance, de la laïcité honteuse et des valeurs républicaines à géométrie variable », c’est qui, ce dimanche, en a remis une couche.

Invitée de Jean-Pierre Elkabbach, sur CNews, elle a déclaré : « Historiquement, au moment de la loi de 1905, le courant que représente Mélenchon, c’est-à-dire l’extrême gauche, clamait au banc de l’Assemblée nationale “ni dogme, ni religion, la religion est l’ennemie de la raison”. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon se bat pour la défense d’une vision dévoyée et radicale d’une religion par le discours relativiste qu’il tient. Un discours qui ne condamne jamais et qui est très ambigu. J’observe qu’à La France insoumise, ils ne sont pas clairs sur ces questions et qu’il y a un dévoiement du principe de laïcité. »

Mélenchon dénonce, dans tout cela, « un procès politicien ». Il n’ose pas dire « stalinien ». Il faut dire que, dans la bouche de ce grand adorateur des dictatures marxistes, ce serait en effet fort malvenu.

Espérons que le Saint-Esprit, soudain descendu sur Mme Schiappa et ses collègues, continue de les éclairer…

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