Notre pays tente de sortir la tête de l’eau après le tsunami de l’épidémie de Covid-19. De caisses déjà vides, le pouvoir a, par un tour de passe-passe, sorti 400 milliards pour éviter la faillite. Mais la CGT, imperturbable, comme si de rien n’était, appelle à une journée d’action, le 17 septembre prochain. Le syndicat de M. Martinez est appuyé par Solidaires, la FSU et des organisations de jeunesse. Le but est de protester contre la politique du gouvernement, pour exiger un complet changement de cap : lutte contre la précarité et la pauvreté, hausse des salaires, développement des services publics et abandon de la réforme des retraites.

Le miracle de l’argent « gratuit », déversé par centaines de milliards pour financer le chômage partiel et garantir les prêts aux entreprises, a conduit une grande partie des Français à s’imaginer qu’il n’y avait qu’à ouvrir les portes de l’emprunt pour satisfaire toutes leurs demandes. On ne compte plus, on n’essaye plus d’équilibrer entre recettes et dépenses, on demande aux créanciers de nous consentir une énième rallonge et tout ira bien. Pure illusion et folie collective ! De même, demander à des entreprises d’augmenter les rémunérations de ses employés alors qu’elles sont proches de la faillite pour beaucoup d’entre elles est tout bonnement impossible, mais la CGT, ancrée dans son anticapitalisme, n’en a cure.

Les transports seront le principal secteur impacté, comme pendant les grandes grèves de l’hiver dernier. Faut-il s’attendre à de nombreux débrayages pour autant ? Peut-être pas : pour l’instant, la CGT (38 % des voix, aux dernières élections professionnelles) est la seule à avoir déposé un préavis de grève, n’étant pas rejointe par SUD Rail (19 % des voix) ni par les syndicats réformistes UNSA et CFDT (42 % des voix). L’échec des grandes grèves de l’an dernier qui ont coûté très cher aux cheminots sans avoir fait bouger d’un iota la position du gouvernement est dans toutes les mémoires.

Qui se privera de salaire pour rien alors que des trains, des métros et des bus bloqués pendant près d’un mois n’avaient pas ému le pouvoir ? En outre, la pandémie a modifié les comportements et les cheminots sont sensibles au climat actuel de relance de l’économie et de discussions mises en place par le gouvernement. L’abandon de la réforme des retraites est également trop abstrait pour mobiliser, ce sujet ayant été mis de côté par le gouvernement. La réforme sera peut-être sacrifiée ou, au moins, profondément modifiée. Elle n’est donc, pour l’instant, qu’un moulin à vent.

Le ministre de l’Économie a beau jeu de dénoncer ce mouvement, puisque l’État a repris 35 milliards de dettes de la SNCF et qu’il y aura, dans le plan de relance, des investissements massifs dans le ferroviaire, notamment pour le fret, le transport par le rail étant qualifié de vert et d’écologiste.

Aussi, les perturbations seront fortes là où la CGT est fortement implantée : dans les gros dépôts ferroviaires, dans les gares parisiennes et dans le sud de la France. Nous aurons donc un mouvement de grève visible qui, comme d’habitude, ne servira à rien mais aura un coût non nul pour notre économie.

À lire aussi

Taxe d’habitation : les propriétaires dindons ?

Les communes vont augmenter sans vergogne le dernier impôt dont elles peuvent fixer librem…