Editoriaux - Histoire - Politique - Table - 27 mai 2017

Esprit de Munich, es-tu là ?

Toujours mettre en avant « l’unité » au prétexte qu’en face « ils cherchent à diviser » permet d’éluder les responsabilités. Qui, parmi les politiques européens ayant en charge la sécurité de leurs nationaux, rend des comptes d’une situation favorisant des meurtres de masse ? Il est évident que le travail des nihilistes musulmans est largement facilité par un certain nombre de libertés démocratiques dont ils disposent : c’est le travail de nos politiques de trouver moyen de les leur supprimer.

Le nihiliste musulman de Manchester était (comme tant d’autres avant lui), paraît-il, déjà sur les écrans radar : ça nous fait une belle jambe, et le lyrisme de Pogba, au lendemain de la victoire de Manchester sur l’Ajax d’Amsterdam (“Ce trophée est pour les victimes”), ne fait qu’ajouter au pathétique de la grande quinzaine de la bougie, des fleurs et des bisous qui s’annonce. En attendant le prochain massacre.

Le propre du politique est de ne pratiquement jamais reconnaître son erreur. Son erreur actuelle est de se refuser, par couardise, à établir un lien entre l’expansion d’un l’islam en pleine guerre civile sur son sol et l’émergence de meurtres de masse commis au nom d’Allah. Des centaines de ces crapules meurtrières vont forcément passer à travers les mailles du filet car, au même moment, nos États ont des flingues bruxellois sur leurs tempes, qui se nomment déficit et restrictions budgétaires : ils n’ont pas les moyens de suivre chacune de ces centaines de crapules et, qui plus est, n’ont pas la moindre once de courage pour le reconnaître.

C’est clairement leur population, à qui ils mentent, que ces États sacrifient sur l’autel de leurs restrictions budgétaires. Il suffit d’écouter un Bruno Le Maire pour s’en convaincre, qui proclame : “Je n’ai jamais été aussi heureux en politique”, au moment où la plupart des politiques européens devraient manifester une honte carabinée en évoquant ces véritables carnages. Au lieu de quoi, ces pauvres imbéciles « tweetent », qui sa « compassion », qui sa « solidarité ».

Le désormais traditionnel « Vous n’aurez pas ma haine » (en fait, elle était déjà réservée intégralement aux cathos) aurait tendance à également nous éclairer sur une situation qui, pour le coup, nous ramène réellement aux « heures les plus sombres » de notre histoire. Certes, il y eut Hitler et Pétain, dont on ne discutera pas ici la morale ou son absence, résistants de la dix-millième heure que nous sommes, encore fallait-il qu’il y eût un « Munich » précédant la curée. « Ah les c… s’ils savaient ! » Cette phrase, prononcée par Daladier en 1938, a peut-être toute sa place dans notre actualité : adeptes du grand retour des années sombres, admirez ce rouge écarlate maculant les trottoirs de plus en plus de villes, World Trade, New York (moment « fondateur »), Bruxelles, Stockholm, Nice, Paris, Berlin, Manchester, Londres, Madrid… Meurtres de masse suivis de grandes quinzaines de la fleur, de la bougie et de l’autre joue tendue…

Le moment, également, de rappeler ici cette petite passe d’armes, souvent citée par Alain Finkielkraut, entre le philosophe Julien Freund et un certain Jean Hyppolite : “Je crois que vous êtes en train de commettre une autre erreur, car vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes. Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin.”

Tendons donc frénétiquement l’autre joue, en un geste de chrétien qui s’ignore : nos amis musulmans se chargeront de nous rappeler en temps et en heure, c’est-à dire au moment du basculement démographique, que nous nous trompions de route, que le vrai chemin de la paix passe par La Mecque, et par La Mecque seulement, et que nul n’y échappera.

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