Jeudi 20 novembre, la commission parlementaire en charge d’enquêter sur les attaques du 6 janvier 2021 au sollicitait Ivanka Trump pour témoigner. À cet effet, une lettre de convocation de onze pages lui était adressée. En tant que conseillère spéciale proche du président, elle était effectivement à la Maison-Blanche le jour des événements. Le comité en appelle à sa coopération bénévole pour une audition, début février.

Constituée le 30 juin dernier, cette commission spéciale a pour but d’enquêter sur « les faits, les circonstances et les causes des attaques du 6 janvier ». L’enquête est toutefois très orientée puisque essentiellement tournée vers les actions de Donald Trump, qui arguait de la fraude électorale, « pour empêcher le décompte des votes électoraux certifiés par le Congrès le 6 janvier ». On note ainsi un clair parti pris à l’encontre du président sortant.

En effet, le président de la commission d’enquête, le démocrate Bennie Thompson, rappelle qu’en aucune façon, à la date du 6 janvier, il eût été possible d’inverser le résultat établi le 14 décembre 2020, lorsque les grands électeurs se sont réunis pour confirmer le résultat de l’élection de Joe Biden. En filigrane, la commission parlementaire présente le président comme instigateur d’un complot ou tentative de coup d’État. En substance, on lui reproche d’avoir fait pression sur le vice-président Mike Pence, qui présidait les délibérations du Congrès, pour rejeter le vote de certains États ou retarder leur décompte. Le refus de Mike Pence est présenté comme élément déclencheur des attaques ayant entraîné, au total, cinq morts.

Dans les questions qui seront posées à Ivanka Trump, on retrouve :

- Un appel téléphonique de son père à Mike Pence dans la matinée du 6 janvier 2020. Ivanka était présente dans le bureau Ovale, accompagnée par le général Keith Kellog.

- La réponse du président Trump à l’assaut : pourquoi son équipe ne l’a pas incité à prendre publiquement la parole pour demander que tous les manifestants sortent du Capitole.

- La chronologie des actions du président sortant avant son fameux tweet de 14 h 24, « incitateur de violences » : « Mike Pence n’a pas eu le courage de faire ce qu’il aurait dû faire pour protéger notre pays et notre Constitution […] Les États-Unis demandent la vérité ! »

- Le président a-t-il, oui ou non, donné l’ordre à la Garde nationale de répondre à la violence ce jour-là ?

- L’activité et l’état d’esprit de son père dans les jours qui ont suivi l’attaque.

L’appel au témoignage d’Ivanka Trump intervient après la convocation d’autres proches, en particulier Rudy Giuliani (ancien maire de New York et avocat personnel), Jenna Ellis (ancienne conseillère juridique), Sidney Powell (avocat) et Boris Epshteyn (ancien conseiller stratégique de campagne). Plusieurs républicains ont refusé de témoigner, notamment Mark Meadows (ancien chef de cabinet de Trump) et Roger Stone (ancien conseiller).

La commission a également assigné les grands groupes technologiques que sont Alphabet (maison mère de Google), Meta (nouveau nom de Facebook), Reddit et Twitter. La commission parlementaire souhaitant aller vite pour clôturer l’enquête avant les élections de mi-mandat.

Sur Twitter, Boris Epshteyn a décrit le travail de la commission comme une véritable «  aux sorcières stalinienne ». On ne pourrait lui donner tort. Après deux tentatives de destitution (Trump ayant, chaque fois, été acquitté), on sent que le parti démocrate a très peur du retour de l’homme d’affaires et de la prochaine vague républicaine.

À noter, l’analyste Jack Posobiec faisait récemment une remarque intéressante. Pour lui, le dossier du illustre la faiblesse de la droite conservatrice, qui pèche toujours au même endroit : laisser la gauche faire l’actualité sur les sujets qu’elle-même choisit. Qui, en effet, a commémoré les violentes attaques du 20 janvier 2017, lors de l’investiture de Trump, ayant entraîné des centaines d’arrestations ?

Illustration : Ivanka Trump

22 janvier 2022

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