« Laurent, serrez ma haire avec ma discipline » (Le Tartuffe, III, 2).

En ces temps de délire racialiste, mais qui fait opportunément oublier les ratés en série de la du Covid-19, nos politiques rivalisent d’ingéniosité pour sanctifier la famille Traoré.

Les rassemblements sont, certes, interdits, mais pour ce qui nous sert de ministre de l’Intérieur, s’il s’agit de manifester en nombre sa méfiance envers la française dans le cas d’Adama, « l’émotion mondiale » permet de s’affranchir des règles juridiques.

Il sera rapidement suivi par le Président himself, sommant Nicole Belloubet de recevoir le gang familial, montrant ainsi qu’il a enfin trouvé sa Leonarda à lui.

« Poignez vilain, il vous oindra ; oignez vilain, il vous poindra », mais Cartier et Van Cleef & Arpels pourront dormir sur leurs deux oreilles…

Bien sûr, ne pouvait pas rater l’occasion de « poèter » plus haut que le maire de Champignac, de Spirou, et, dans le style boursouflé qui est sa marque, assure Assa Traoré et sa mère de toute sa sympathie : « Dites à votre maman que je la salue avec respect et affection ; et que si je pouvais capturer un bataillon de vers à soie, je le ferais pour recoudre juste un petit bout de son cœur brisé. » On se demande si, in fine, des droguets rayés de bagnards ne sembleraient pas plus utiles à une fratrie dont les casiers judiciaires donnent le tournis…

Mais pour l’heure, c’est la petite ville de Cary, en Caroline du Nord, qui détient le record toujours à battre de la repentance, ce curieux domaine où ceux qui présentent leurs excuses n’ont rien fait et ceux qui devraient les recevoir ne sont plus là : ce week-end, des policiers et des civils blancs y ont lavé les pieds des leaders de la communauté noire qui avaient organisé la manifestation concernant la mort de George Floyd, en demandant pardon des péchés de leurs ancêtres blancs !

Qui dit mieux ? Les paris sont ouverts…

11 juin 2020

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