Je me dois de reconnaître mon erreur d’analyse et amender – ou mieux, terreauter, par sympathie agraire solidaire – mon propos précédent !

Après l’appel du ministre Guillaume, relayé par la FNSEA, il semble que nombre de volontaires se soient déjà manifestés. Ce sont 150.000 Français, selon lui, qui auraient répondu positivement. Indication faite, ce lundi, sur une BFM Business, tout en exhortant à nouveau les citoyens à la candidature avec cette nouvelle déclamation sentencieuse : « En période de guerre, il faut que tout le monde fasse la guerre » !

Mais mettre en place cette transhumance exceptionnelle vers les campagnes n’est pas aussi simple et fortuit qu’il y paraît. Il est probable que beaucoup de citadins sont motivés par la perspective d’échapper légalement à une zone de grande concentration de plus en plus dangereuse en même temps qu’un confinement insupportable…

Le ministre a précisément et corrélativement calmé certaines ardeurs avec un commentaire qui faisait suite, en bémol, à son encouragement solennel et qui conforte ce que j’imaginais des problèmes d’exode interrégionaux. « Évidemment, tous ne seront pas pris, on ne traverse pas la France pour y aller, c’est uniquement de la proximité, c’est pour les habitants de nos villages, soit de nos centres-bourgs qui sont à quelques kilomètres des agriculteurs. »

C’est donc du bistrotier du coin, du vendeur de souvenirs ou encore de la marchande de fringues que l’on requiert un geste civique. Aller aux fraises – et non errer !- pour les cueillir, car c’est la saison, et récolter les asperges qui montent simultanément est le travail le plus pressant qui les attend. Point besoin de stage de formation ou de qualification pour ces emplois saisonniers.

Une plate-forme est mise en place sur les sites des ministères de l’Agriculture, du Travail et de l’Économie, ainsi que sur celui de Pôle emploi pour permettre aux volontaires de préciser leur intention et capacités.

Rappelons que ces emplois seront dûment rémunérés – par le contribuable et le déficit – selon des modalités à venir.

Je conclus avec cette dernière précision renouvelée par le ministre : « L’objectif est de permettre aux volontaires de se manifester, afin qu’ils puissent faire “cinq kilomètres pour aller travailler” pour les producteurs. »

Le citoyen moyen se voit octroyer un petit kilomètre autour de sa résidence afin de se dégourdir les jambes et l’esprit. Le nouveau travailleur des champs en obtient dix fois plus !

Car il faudra bien compter avec les allers et retours journaliers…

À lire aussi

L’ennemi islamiste : au Mali ou chez nous ?

Attendons les grandes décisions prochaines promises par le gouvernement... …