Audio - Entretiens - Politique - Religion - 20 février 2020

Emmanuelle Ménard : « Que fait-on des autres mosquées salafistes qui prônent un discours de haine vis-à-vis de la France ? »

La députée de l’Hérault réagit à la visite de à et la suppression des ELCO : « Au lieu de leur proposer un enseignement de français pour qu’ils puissent s’intégrer au mieux dans leur pays qui est maintenant la France, on continue de leur proposer un enseignement dans leur langue d’origine. »

À Mulhouse, Macron a annulé la fin de l’expérience qui consistait à faire donner des cours de langue et de culture générale par des professeurs issus de pays étrangers. Vous aviez demandé à ce que ces cours soient supprimés. Aujourd’hui, c’est chose faite. Êtes-vous satisfaite ?

Quand j’ai appris qu’il accédait aux demandes que je fais depuis plus de deux ans et demi, j’ai été ravie. Les ELCO sont, pour moi, un non-sens complet. Ces cours permettaient aux enfants de conserver leur culture et leur langue d’origine au lieu de leur permettre de s’intégrer au mieux dans notre pays. La France est devenue leur pays. Ils ne sont pas amenés à rentrer dans leur pays d’origine.
Mon enthousiasme a été, cependant, un peu douché. En creusant le discours de M. Macron, je me suis aperçue que la suppression des ELCO prendrait effet à partir de septembre prochain et qu’il souhaitait les remplacer par les EILE. Ces derniers sont des enseignements internationaux de langue étrangère. Résultat des courses : le système sera à peu près le même.
La plupart du temps, ces enfants sont d’origine du Maghreb ou de Turquie et vont continuer à bénéficier de ces enseignements. Certes, le contenu de ces enseignements et les professeurs seront un peu plus contrôlés. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent.
Au lieu de leur proposer un enseignement de français afin qu’ils s’intègrent au mieux dans leur pays qui est la France, on continue à leur proposer un enseignement de leur langue d’origine. Cela me semble être, pour M. Macron, un non-sens absolu. Je pensais qu’il avait compris, mais visiblement, ce n’est pas le cas.

Emmanuel Macron était à Mulhouse, dans un quartier placé sous le sigle de la reconquête républicaine. Qu’avez-vous pensé de son constat sur le séparatisme islamique ?

Il a presque mis trois ans pour mettre un mot sur une réalité qui saute aux yeux. Il était temps ! À force de parler de communautarisme, on oublie que le problème n’est pas le communautarisme, mais principalement le communautarisme d’origine islamiste. C’est un vrai souci.
Il est allé faire de grands discours à Mulhouse, très bien. Dans un quartier de reconquête, très bien. Sauf qu’on parle de quinze quartiers de reconquête, alors qu’on en a répertorié cent cinquante.
Il faut agir ! M. Macron a mis des mots sur des problèmes, mais maintenant, il faut de l’action pour véritablement partir à la reconquête de ces quartiers.

Une centaine de mosquées radicalisées ont été recensées. Sept sont fermées. Qu’en est-il des 93 autres ? Êtes-vous inquiète ?

La semaine dernière, avec la commission des lois, j’ai auditionné M. Castaner, ministre de l’Intérieur. Dans son rapport de 2019, il parle de la fermeture de deux mosquées. La première a définitivement fermé et l’autre a fermé administrativement pour une durée de six mois. Que fait-on des autres mosquées salafistes qui prônent résolument un discours de haine vis-à-vis de la France ?

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