À l’approche des fêtes de fin d’année, le JDD s’est fendu d’un conte de qui ne nous a pas laissés insensibles. Alors qu’il avait été invité à visionner Les Misérables, énième film consacré à la souffrance des , en est ressorti tout bouleversé par sa justesse. Il existait des immeubles avec des gens dedans en dehors de la capitale. Et des bavures policières comme s’il en pleuvait ! Et de l’injustice à foison… « Ah, quand on découvre ça, j’vous jure que Jean Valjean et sa Cosette vous paraissent bien palots. »

À peine sorti de la projection, alors que de grosses larmes coulaient encore sur ses joues, le Président faisait sonner le tocsin et courait dans les couloirs en demandant à tous ceux qu’il croisait de « se dépêcher de trouver des idées et d’agir pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers ». « Nous ne lui montrerons jamais Les Feux de l’amour », confiait un conseiller, « il n’y survivrait pas ».

Alors que le JDD s’attendait à une vague d’émotion submergeant la France, adieu conte de Noël, ce ne furent que sarcasmes et moqueries qui s’affichèrent sur les . « Tous ces gens qui manifestent pour que le Président réagisse alors qu’il suffisait de lui payer un abonnement UGC », écrivait l’une. « Ce n’est pas comme si Borloo n’avait pas remis un rapport complet il y a 18 mois », brocardait une journaliste du Monde, partisane d’un flot continu de milliards sur le 93. Et d’autres de suggérer une liste de films à aller voir dans les plus brefs délais : un mélo sur la détresse des infirmières, Au nom de la terre, dans lequel le réalisateur réussit la prouesse de ne pas aborder (ou à peine) les raisons du suicide des agriculteurs, un autre sur les chômeurs en fin de droit, etc. La construction d’un multiplex dans les sous-sols de l’Élysée s’impose. La mention « déconseillé aux Présidents de moins de 50 ans » laissera toutefois la possibilité aux ministres d’écarter les films susceptibles de causer des dégâts irréparables sur le mental du gars .

À ce sujet, il est à déplorer que celui ayant suscité l’émoi présidentiel n’ait pas été précédé d’un avertissement informant des mesures en faveur de la Seine-Saint-Denis annoncées par Édouard Philippe, le 31 octobre dernier. Un choc émotionnel aurait pu être évité.

Néanmoins, Ladj Ly, le réalisateur de z’y va Les Misérables, a épargné la fragilité psychologique de son spectateur élyséen en évitant de montrer des images de blocs de béton tombant des fenêtres sur des policiers, de voitures de incendiées sans raison, d’agressions de médecins, de tabassages à pour mauvais regard et autres scènes qui auraient laissé Emmanuel Macron marqué à vie. Le titre Les misérables aurait pris un tout autre sens, n’est-il pas ?

19 novembre 2019

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