Editoriaux - International - Politique - 8 août 2019

Élections législatives polonaises d’octobre : Bruxelles ne vaut pas une messe !

Quatre ans après les élections du 25 octobre 2015 qui ont vu la nation polonaise basculer dans le camp du Mal aux yeux de Bruxelles et des médias dominants, de nouvelles élections auront lieu le 13 octobre prochain, la date ayant été annoncée cette semaine par le président Andrzej Duda.

Mauvaise nouvelle pour Bruxelles : les Polonais semblent enclins à donner à nouveau une majorité absolue au Parlement au parti Droit et Justice (PiS) de Jarosław Kaczyński. Le thème dominant, c’est l’offensive du lobby LGBT, et contrairement à ce que racontent les médias français et les médias polonais de gauche, ce n’est pas le PiS qui a choisi ce champ de bataille, même si celui-ci lui est plutôt favorable.

Après l’échec de la grande coalition anti-PiS des européennes (45 % des voix pour le PiS, 38 % pour la « Coalition européenne »), l’opposition s’est divisée en trois blocs pour les élections législatives. L’enjeu sera pour elle non seulement de priver le PiS d’une majorité absolue à la Diète, mais même de la majorité constitutionnelle que pourrait lui donner la distribution, avantageuse pour le gagnant, des voix en faveur des formations politiques qui n’atteindront pas le seuil électoral, qui est de 5 % pour les partis et de 8 % pour les coalitions électorales.

C’est pourquoi, de ces trois blocs d’opposition, seule la Plate-forme civique (PO, le parti de Donald Tusk), assurée de dépasser le seuil des 8 %, a pris le risque de former une coalition électorale, la Coalition civique (KO), avec le parti ultra-libéral-libertaire Nowoczesna (Moderne) et un mouvement féministe pro-avortement. En matière sociétale, si la PO affirme ne pas vouloir libéraliser la loi sur l’avortement, plutôt restrictive en Pologne par rapport au reste de l’Europe, elle promet, à l’intention d’un lobby LGBT peu nombreux mais bénéficiant de puissants soutiens dans les médias et les multinationales occidentales, de créer des unions civiles ouvertes aux duos unisexes.

Le parti agraire PSL, qui a vu son électorat rural, majoritairement catholique pratiquant, voter pour le PiS le 26 mai dernier en raison de la campagne pro-LGBT et anticléricale de la Coalition européenne dont il faisait partie, espère atteindre péniblement le seuil des 5 % grâce à la cooptation de l’ancien anti-système Paweł Kukiz, qui rejoint ainsi le parti du système par excellence, capable de toutes les coalitions contre des postes intéressants. Le PSL se présente, désormais, comme un parti conservateur s’inspirant de la démocratie chrétienne mais il est devenu peu crédible, et la disparition du parti de Kukiz à droite du PiS permet à ce dernier de se recentrer plus facilement sans craindre de perdre son électorat le plus eurosceptique.
La coalition de gauche et d’extrême gauche, c’est-à-dire le SLD social-démocrate, héritier du parti communiste de l’époque de la dictature, l’extrême gauche socio-économique Lewica Razem et l’extrême gauche sociétale Wiosna, se présentera en fait sur les listes du SLD, avec l’eurodéputé et militant LGBT Robert Biedroń comme chef de campagne, car la barre des 8 % en cas de coalition électorale pourrait ne pas être atteinte. Cette gauche réunit donc les ex-marxistes et les néo-marxistes, et elle se présente, face aux politiques sociales réussies du PiS, avec le programme néo-marxiste du lobby LGBT.

Le PiS, bénéficiant en outre de sa bonne gestion des finances publiques et d’une conjoncture économique très favorable, a ainsi beau jeu de se présenter comme un parti modéré défenseur de la civilisation européenne et des valeurs chrétiennes contre le radicalisme libéral-libertaire, et les Polonais choisiront sans doute de rempiler dans le camp du Mal pour au moins quatre ans. La poursuite des attaques de Bruxelles et des médias d’Europe occidentale vaut mieux, aux yeux d’une majorité, que la révolution sociétale à la mode LGBT.

Aux dernières nouvelles, le PiS est crédité, selon les sondages, de 41-46 % des intentions de vote (contre 37,5% aux élections de 2015), la Coalition civique (KO) de 25-30 %, la gauche de 9,5-11 % et le PSL de 3-9 %.

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