Envie de (re)découvrir notre Douce par des chemins et petites routes de campagne, couplée avec un besoin de vous dépolluer de la si déprimante actualité ? Envie irrépressible de plonger dans l’Histoire et de retrouver l’âme française de vos ancêtres, la vôtre ?

Alors, croyant un peu, beaucoup ou pas du tout, quand votre désir de nature bucolique se conjugue avec une quête spirituelle, c’est sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qu’il faut poser vos pieds. Et vous mettre en route, chaque jour, dans la brume ou la précoce touffeur matinale, sous la pluie ou dans les derniers frimas du printemps quand l’été n’en finit pas de hoqueter.

Car voyager en marchant, quelle formidable façon de traverser nos départements et nos , quel rapport au temps différent ! Parcourir 25-30 kilomètres à pied donne l’étrange impression d’avoir vu plus de paysages que lorsqu’on les a effectués motorisé ? Parce qu’avec ses jambes et ses pieds uniquement, les sens du pèlerin sont sollicités en permanence, tout simplement.

En Haute-Loire, la vue des champs de céréales faisant gentiment des vagues sous l’effet du vent le ravit. Dans l’Aubrac, les vaches courant joyeusement vers leur prochaine estive l’amuse. Dans le Lot, le bruissement du vent dans les feuilles des peupliers bordant le ruisseau l’apaise tandis que des senteurs délicieuses aux abords du sentier après le pont Valentré (Cahors) le projettent dans le pays de son . Il est tout ému aussi, le pèlerin, de tomber, au détour d’un chemin, sur des cageots remplis de cerises et d’abricots mis gentiment à disposition par le paysan du coin. Et les vieilles pierres toutes polies des cloîtres, comme celui de La Romieu : comme il aime savoir qu’il y a quelque cent ans, d’autres plus malheureux que lui les ont caressées aussi !

Et toutes ces églises, ces cathédrales, ces abbayes, ces abbatiales, ces vitraux lumineux et ces orgues majestueuses ! Art roman, art gothique, trésors d’inventivité et d’architecture parfaite, le voilà, l’art français ! Et dire que certains ne l’ont jamais vu !

Le Chemin, c’est chaque calvaire, chaque Vierge, repères qui se dressent fièrement à l’entrée ou à la sortie de la plupart de nos villages. Nos racines seraient “autant musulmanes que chrétiennes”, comme l’affirmait un ancien Président ? Tiens donc, au cours des quelque 500 kilomètres parcourus, mes pieds n’ont jamais trébuché sur aucune de ces racines !

Le Chemin, c’est chaque monument aux morts avec tous ces , Amédée, Élie, Jacques, Julien , Marcel, Robert, Roland, Paul qui se sont fait trouer la peau pour qu’on ne parle pas allemand.

Le Chemin, ce sont de vieux cimetières abandonnés dans lesquels on découvre, sur leur tombe, la photo jaunie de Jean et Françoise, nés à la fin du XIXe siècle. Des visages de vraies gens au regard trop sérieux, marqués par une vie rude jalonnée de trop de tragédies. C’est, juste à coté d’eux, une petite chapelle à l’intérieur de laquelle un couple de Américains déclame une prière.

Le Chemin, c’est Moissac avec son abbaye fondée au VIIe siècle, qui trône, imposante et superbe, sur la place de la ville. Mais Moissac, c’est cette même place gangrenée par différentes populations « particulières » qui s’affrontent régulièrement et sèment la peur parmi les commerçants pétitionnaires et font fuir les touristes…

Le Chemin, c’est écouter le curé de Lascabanes, hameau tout de charme vêtu, prononcer, une semaine durant, les noms et les lieux de tous les pèlerins qu’il accueille comme le Christ, en leur lavant les pieds. Ils viennent des Amériques, d’, de Syrie, d’ ou du . Des chrétiens d’Orient : cela nous serre le cœur.

Envie folle de « Quitter l’autoroute », de champêtre, de bucolique et de monuments témoins de notre Histoire ? De sentir votre corps et votre esprit bien vivants, de voyager enfin autrement, et vous avez du temps ? Croyant ou non, c’est le Chemin qu’il vous faut ! Ah, Douce France…

22 août 2017

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