Editoriaux - Polémiques - Politique - 24 septembre 2019

Don Quichotte Hidalgo en lutte pour la propreté de Paris

L’approche des municipales aidant, Anne Hidalgo a décidé de ne plus attribuer la saleté de Paris au réchauffement climatique. Terminée la chaleur qui contraignait les habitants à prendre leur repas dehors et ainsi laisser sur la chaussée peaux de banane et canettes de bière. Non, le Parisien mange chez lui, mais jette peut-être le trop-plein par la fenêtre.

Un article du site The Guardian qualifiant la capitale « d’homme sale de l’Europe » amenait Anne Hidalgo à défendre son bilan propreté au micro de France Inter : « On ne va tout de même pas mettre un éboueur derrière chaque Parisien », dit-elle. Avec un taux d’absentéisme record de 13 % en 2018, l’affaire s’annonce effectivement complexe. Le Parisien n’a pas forcément les compétences médicales pour s’occuper d’un agent de nettoyage atteint d’une maladie imaginaire qui le contraint au repos dans la chambre d’ami.

Madame Bisounours a identifié le problème de l’insalubrité : « C’est un problème d’éducation, je pense qu’il faut tout reprendre à la base. » Enfants et adultes en formation accélérée dans une salle de la mairie : « Cet objet vert en plastique est une poubelle, ce long ruban de bitume est un trottoir. »

La version « Cette porte de la Chapelle est un dépotoir » n’est pas disponible pour le moment. Après avoir appelé de ses vœux l’accueil de milliers de migrants qu’elle n’avait pas les moyens d’héberger, le maire de Paris détourne le regard et incrimine le Parisien réputé désormais affreux, sale et mal élevé.

Il ne faudra pas compter sur l’équipe en place pour dresser un état des lieux comparatif entre quelques arrondissements centraux où trottine le bobo recycleur de déchets et d’autres quartiers, tel Barbès ou le XXe dans lesquels tentes de camping, sacs-poubelle et encombrants jalonnent la chaussée. La prolifération de kebabs et fast-foods générateurs de montagnes d’emballages qui font la joie du rat des villes ne sera pas non plus évoquée.

Pour enrayer cette dégradation de l’espace public, Anne Hidalgo ressort son arme fatale : l’application « Dans Ma Rue » : « Cette application permet aux Parisiens de photographier un endroit où il y des encombrants, où les choses ne vont pas, de le signaler, il y a une intervention immédiate. »

Ainsi, le Parisien se munira d’un drone s’il souhaite rendre compte en image de l’état d’insalubrité de quartiers entiers à la mairie. Selon toute vraisemblance, personne, jusqu’ici, n’a pris la peine de réaliser une vue aérienne de la porte de la Chapelle ou de tout autre lieu où règne le chaos migratoire. Mais si. Elle sait : « On travaille à l’échelle des quartiers, avec les écoles… »

Qu’il faille opérer un retour à l’enseignement de règles d’hygiène élémentaires dignes du XIXe siècle ne semble pas perturber Anne Hidalgo. En tant que Don Quichotte en lutte contre les conséquences dont elle chérit les causes, la fine fleur socialiste mérite d’être réélue dès le premier tour.

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