Marc Schwartz, cet énarque arrivant de la Cour des comptes au poste de directeur de cabinet du ministère de la Culture, a fait l’essentiel de sa carrière dans le privé : entre la banque d’investissement, le conseil chez Mazars et sa propre société de conseil (AS Conseil).

Il s’est particulièrement illustré, l’été 2008, pour avoir élaboré le protocole d'accord, qualifié d'« accords Schwartz », entre l'État, la presse et La Poste, valable pour une période de sept ans. Avec le recul, qu’est-il finalement ressorti de ces « accords » ?

Un plan de réductions d’aides à La Poste pour la presse, dont l’application a été reportée dès la première année de « crise du secteur », et n’a, au final, quasiment rien réglé. Les subventions publiques versées à La Poste ont, certes, été budgétées en baisse (passant de 240 millions d'euros en 2009 à 180 millions d'euros en 2015). Un bel effort de baisse en apparence, qui laisse croire à un courageux, mais qui s’avère n’être, en réalité, qu’un simple attrape-couillon.

D’une part, parce que l’État n’a jamais respecté ces chiffres, comme le rappelle La Poste dans son rapport annuel 2016. Et surtout, d’autre part, parce que le déficit réel de l’activité presse de La Poste est en vérité bien plus important que cette compensation partielle, seule reportée dans nos documents budgétaires. Le déficit réel était estimé à 400 millions d'euros en 2008, il a atteint 462 millions d'euros en 2015. C’est donc une hausse du coût pour les contribuables depuis ces fameux « accords Schwartz » et non pas une baisse comme fallacieusement présenté. La presse transfère adroitement une partie de ses pertes sur La Poste - ni vu ni connu. Merci aux copains politiques pour le jeu d’écriture.

Autant dire que l’arrivée de Marc Schwartz à la direction du ministère de la Culture est une bonne nouvelle. « Un ami qui vous veut du bien », comme on dit dans du cinéma, un ami convaincu qu’il faut davantage soutenir la presse financièrement. Avec cette nomination, la soupe aux sous de la presse devrait se poursuivre tranquillement, malgré effets d’annonces de soi-disant réductions à prévoir. Mais globalement, les 2,4 milliards de subventions totales de la presse (soit l’équivalent de 8.600 € par mois et par journaliste !) sont promis à un bel immobilisme.

Depuis longtemps, les citoyens réclament à cor et à cri, à des élus qui persistent à ne pas les entendre, des coupes claires dans ces milliards d’aides à la presse.

Mais, de son côté, Marc Schwartz préfère s’inquiéter de la montée du populisme. Il nous mettait ainsi en garde, entre les deux tours des présidentielles, contre le programme du Front national en matière de culture et sa volonté de créer un art officiel, similaire au programme du « régime de Vichy en 1940 »*.

Une analyse fine et nuancée. Très dans la ligne de celle que nombre de ses amis de la presse partagent sans réserve. Il est tellement plus confortable de discuter constamment du nazisme que du niveau écœurant de ces aides à la presse et du rôle actif de cette dernière dans l’élection d’Emmanuel Macron.

9 juin 2017

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