Comme le disait Valérie Pécresse : « Les sondages, ça va, ça vient, comme la queue du chien ! » Pas faux. Les politiques les brandissent lorsque flatteurs, les raillent dans le cas contraire. Un peu comme ces horoscopes qu’on fait mine de ne pas regarder dans les journaux du week-end, mais sur lesquels on se précipite dès que les convives ont le dos tourné.

Quant à la vox populi, elle prétend que toujours ils se trompent ; ce qui n’est qu’à moitié vrai. En effet, il n’est pas inutile de le rappeler : pour peu qu’ils soient à peu près sérieux – c’est-à-dire fondés sur un échantillon de plus de mille personnes –, les sondages nous disent, ce 6 janvier par exemple, pour qui les Français voteraient ce même 6 janvier, et non point à qui ils apporteraient leurs suffrages en avril prochain.

Au fait, que nous dit le dernier cru Harris Interactive de ce début d’année, maintenant que démarre véritablement la campagne présidentielle ? À 24 %, le Président sortant confirme son avance. Derrière, un trio que personne ne parvient véritablement à départager : Marine Le Pen, Éric et Valérie Pécresse, à 16 %, globalement. Si les deux premiers évitent les turbulences, la troisième accuse une chute sensible alors que, récemment, un second tour lui était d’avance promis.

Stable, Marine Le Pen campe sur son électorat populaire dont le socle lui demeure acquis. Sa possible marge de progression ? Convaincre le reste, majoritaire, de ce même électorat populaire, souvent abstentionniste, mais qui parfois se réveille, pour peu qu’il en ressente l’envie. D’où la campagne de l’ancienne présidente du Rassemblement national en ces provinces oubliées par la capitale et les mégapoles.

Solide, Éric le demeure, captant une partie du vote mariniste et celui de la tendance conservatrice des LR, celle qui a voté Éric Ciotti à la primaire républicaine. Seulement voilà, l’ex-éditorialiste n’est audible que par le peuple des CSP+ de droite, électorat que, précisément, Valérie Pécresse lui dispute. En ce sens, Zemmour bénéficie d’une assise fidèle ; limitée, mais fidèle, son audience étant quasi inexistante en cette France donnée pour « périphérique ».

Moins solide est la position de la candidate LR, écartelée entre réactionnaires et progressistes de ce qui demeure du parti chiraco-sarkozyste. Elle a claqué la porte de ce mouvement, tel un vulgaire Xavier Bertrand, pour dérive droitière, quand Laurent Wauquiez en prit la tête en 2017, avant d’y revenir, tout d’abord penaude, puis plus assurée, même si la tâche qui l’attend n’est pas mince, puisque consistant à concilier l’inconciliable, soit les ailes européistes et souverainistes de ce parti attrape-tout qu’est devenu LR.

Son atout ? La présence de Patrick Stefanini, artisan de la victoire de Jacques Chirac en 1995, de la sienne à la tête du conseil régional d’Île-de-France en 2015 et de la résistible ascension de François Fillon en 2017, lors de l’élection présidentielle ; sans oublier la victoire de la même Pécresse à la primaire républicaine. Un homme avec lequel il faut compter, donc, dont le nom, d’ailleurs, avait été évoqué pour occuper le même poste auprès d’Éric avant de renoncer, devant l’amateurisme de son équipe dirigeante, si l'on en croit les récentes révélations de L’Incorrect.

Preuve de son sens tactique ? Europe 1 vient de révéler, ce 6 janvier, que LR se débrouillerait pour qu’Éric Zemmour puisse obtenir ses cinq cents signatures. Le calcul est simple : si ce dernier demeure dans la course, il peut empêcher Marine Le Pen d’accéder au second tour, pour le plus grand bénéfice de Valérie Pécresse. Après, les manœuvres politiciennes, ça va ça vient, telle la queue de qui vous savez…

PS : grande oubliée de ces lignes, la gauche. À part Jean-Luc Mélenchon qui maintient son leadership, s’approchant du trio plus haut évoqué, c’est un peu la chute finale. L’effet Taubira, « Mémé Césaire », telle que rebaptisée par Laurent Gerra ?

 

6 janvier 2022

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