Quand j’étais petit, Staline faisait effacer des photos officielles l’image des camarades qu’il avait éliminés, tandis que les effets spéciaux de Godzilla contre la pieuvre géante (tringlerie articulée et brûleur au mazout dans les naseaux) étaient le nec plus ultra du trucage d’images animées, avec celui de l’homme invisible déroulant ses bandelettes. Depuis, on a fait plus accessible à tous : un coup de Photoshop et l’ado « influenceuse » sur YouTube augmente son thigh gap pendant que sa mère y diminue ses heures de vol…

Aujourd’hui, enfin, l’intelligence artificielle (IA) permet de nouveaux progrès dans la manipulation avec, par exemple, le logiciel estonien DeepNude, qui permet de déshabiller virtuellement les femmes ! (Il faut dire que, là-bas, les soirées d’hiver sont longues.) À partir d’une banque de données de milliers d’images de femmes nues, il parvient à créer des images fausses mais très crédibles, susceptibles de transformer la plus chaste rosière en actrice porno. Ce que des milliers d’internautes – ayant acquis le logiciel pour la modique somme de 50 dollars – ne se sont pas privés de faire en quelques semaines.

Point n’est besoin, toutefois, d’être un magicien de l’IA pour tromper son monde. Il a suffi à de facétieux supporters de Trump de ralentir de 25 % une vidéo de Nancy Pelosi (patronne des démocrates au Congrès américain) pour lui donner l’élocution pâteuse d’une alcoolique chronique, image que arrive à donner régulièrement sans aucun trucage !

DeepNude a, bien sûr, mis les féministes en fureur (d’autant qu’il n’y a pas de version masculine…), au point que ses concepteurs ont décidé d’en interrompre la diffusion : « Nous n’aurions jamais imaginé que ça deviendrait viral et que nous ne serions pas en mesure de contrôler le trafic. » C’est ce qui s’appelle manquer d’imagination…

Mais que l’on se rassure, l’ a de beaux jours devant elle dans des applications moins futiles. La radiologie est, par exemple, appelée à un bouleversement majeur : comparer en une fraction de seconde un cliché à des milliers d’autres aux diagnostics avérés pour ne présenter au praticien qu’un nombre très réduit d’hypothèses. Et le plus souvent une seule pertinente !

30 juin 2019

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