Accueil Editoriaux Damien Rieu : « Combattre ceux qui soutiennent les djihadistes n’est pas une incitation à la haine ! »

Damien Rieu : « Combattre ceux qui soutiennent les djihadistes n’est pas une incitation à la haine ! »

Le procès en appel de Damien Rieu et d’autres militants patriotes qui avaient occupé le chantier de la mosquée de Poitiers, en octobre 2012, se tenait ce mercredi, devant le tribunal correctionnel.  L’avocat général a écarté le délit de « provocation à la haine » pour ne retenir que des éléments anecdotiques.

Damien Rieu revient sur ce procès et évoque, au micro de Boulevard Voltaire, les raisons de son engagement.

Vous sortez peut-être de l’avant-dernier acte du procès qui vous oppose à la mosquée de Poitiers. Quelle est la seule charge retenue contre vous ?

Il reste la dégradation. Ils nous reprochent d’avoir déplacé des tapis de prière qui étaient sur le chantier. Je ne sais pas ce que faisaient des tapis de prière sur un chantier. Je pense que la mosquée était utilisée de manière clandestine, alors qu’elle était en chantier. Ces tapis de prière ont pris l’eau. L’imam explique qu’ils ont été souillés par des mécréants et qu’il faut donc les racheter. Il reproche également que des pics anti pigeons sont soi-disant tombés du toit.
Il reste deux éléments de prétexte, alors que le plus important qui était l’incitation à la haine a disparu du dossier. Ce dossier s’est vidé en 8 ans. Pendant des années, nous avons eu un contrôle judiciaire très sévère.
On verra si la justice exploite au maximum ces pseudo dégradations ou s’ils abandonnent tout pour éviter le ridicule.

Cela fait 8 ans que cette affaire vous poursuit et poursuit vos camarades de l’époque.
Quel est votre sentiment à l’égard de la justice ? Même si elle vous donne raison 8 ans après, avez-vous encore confiance en la justice de votre pays ?

Je suis très attristé. Je m’aperçois que la justice a d’autres choses à faire. Hier, pendant toute une après-midi, on a mobilisé toute une Cour, des forces de police pour sécuriser le tribunal et des dizaines de fonctionnaires et d’employés d’État pour discuter de tapis humides et de pics anti pigeons. Cela a duré des heures. Je suis consterné. Je pense que la justice a autre chose à faire. Je rappelle que des milliers de prisonniers ont été libérés et que des milliers de procès sont en attente.
Pendant ce temps pour des militants patriotes, on déploie des moyens d’instruction, de coercition et d’enquête. Je trouve cela vraiment triste et injuste.

Vous avez déclaré dans votre discours que vous espériez qu’un jour l’imam de Poitiers soit mis sur le banc des accusés. Que représente pour vous cet imam ?

Cet imam est vice-président de l’UOIF, les Frères musulmans de France. Cette organisation est très dangereuse et est classée terroriste dans de nombreux pays. Les Frères musulmans, c’est Daesh avec un bulletin de vote. Leur objectif est le califat, pas forcément par la violence. Ces gens sont très dangereux et très implantés en France. Il faut les combattre pour défendre nos valeurs de liberté. Il est aussi directeur de l’IESH, institut de formation des imams. Cet institut a formé au moins trois djihadistes qui sont aujourd’hui derrière les barreaux. Son institut est parrainé et financé par Youssef al-Qardaoui, le prédicateur des Frères musulmans. Pour lui, c’est no limit sur les juifs et les homosexuels.
Un journaliste lui demandait ce qu’il fallait faire concernant les homosexuels et il a répondu qu’il fallait les jeter du haut d’un immeuble ou les immoler. Les homosexuels auront le choix…
C’est pour dire le niveau de radicalité. Selon les notes des renseignements français, Youssef al-Qaradaoui a transmis 500 000 euros en espèce à l’institut de l’ IESH, institut de l’imam de la grande mosquée de Poitiers. Il y a aussi des trafics d’argent et une radicalité. L’imam Boubaker El Hadj Amor revendique cette mosquée comme une revanche contre la bataille de Poitiers de Charles Martel. Une revanche des arabos musulmans qui sont tombés ce jour-là, qu’il appelle les martyrs. Cette mosquée est un symbole de revanche contre l’Histoire de France.

Cela fait 8 ans que cette affaire vous poursuit. Vous recevez régulièrement des menaces de mort sur votre compte Twitter. Pourquoi continuer ce combat ?

Je n’ai plus trop le choix. La situation est aujourd’hui un peu compliquée. Je ne peux plus sortir en ville à visage découvert. Le jour, où ils me trouveront, ce sera compliqué. Perdu pour perdu, cela ne change rien. Je prends mes précautions et je fais attention. J’espère qu’il ne se passera jamais rien, mais cela commence à être dur. Ma motivation est tout simplement le devoir. Tout le monde doit faire le maximum avec ses moyens pour défendre son pays.

Que répondriez-vous à ceux qui vous accusent d’inciter à la haine ?

Si c’est inciter à la haine que de combattre les gens qui alimentent idéologiquement les djihadistes et les terroristes qui ont fait des centaines de morts dans notre pays et dans toute l’Europe, ce serait assez injuste et ce serait inverser les rôles. Il n’y a aucune haine, mais seulement la volonté de se défendre face à des ennemis qui veulent nous détruire ou nous dominer.

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