Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 31 décembre 2018

Damien Lempereur : “Si on ne savait pas qu’il s’agit de la France, cela ressemblerait à une république bananière”

Fin d’année extrêmement compliquée pour Emmanuel Macron. Analyse, au micro de Boulevard Voltaire, de Damien Lempereur, porte-parole de Debout la France.


Après les gilets jaunes, les vacances à Saint-Tropez et maintenant cette deuxième affaire Benalla qui commence.
Fin d’année 2018 un peu compliquée pour Emmanuel Macron et le gouvernement…

La fin d’année est aussi compliquée que l’ensemble de l’année 2018 et surtout le début d’année 2019. En réalité, les problèmes d’Emmanuel Macron aujourd’hui sont liés à des causes. Comme il n’a pas voulu ni répondre aux demandes notamment des gilets jaunes, ni changer sa façon de gouverner et son cap, il y a fort à parier que le début d’année 2019 sera pour le président de la République un peu du même acabit.
D’une certaine manière, tant mieux, parce qu’il faut continuer à maintenir la pression pour obtenir d’une part, une vraie révolution démocratique et d’autre part, une rupture radicale du modèle économique pour qu’on puisse enfin vivre dignement de notre travail.

Il voulait faire de l’année 2018, l’année de la réconciliation des Français. Visiblement, l’objectif est raté…

C’est en effet complètement raté. De manière générale, il faut considérer que lorsqu’Emmanuel Macron dit quelque chose, en réalité, il se passe le contraire. Il nous a habitués à mentir et à décevoir les Français. Loin de les réconcilier, il n’a fait que les diviser, diviser pour mieux régner.
Le mouvement des gilets jaunes est, d’une certaine manière, une réponse à ses tentatives de division. On essaie toujours d’opposer les ouvriers aux petits patrons et les fonctionnaires aux salariés du privé. Mais en réalité, les gilets jaunes démontrent que nous sommes tous un même peuple avec des mêmes demandes, notamment démocratiques et économiques. Emmanuel Macron est en train de réaliser la cohésion, oui, mais contre lui.


Au 31 décembre, une deuxième affaire Benalla commence.
Que révèle profondément cette affaire ?

Si on ne savait pas qu’il s’agissait de la France, cela ressemblerait beaucoup à une République bananière. On apprend qu’un passeport diplomatique a été remis à monsieur Benalla après les épisodes du 1er mai, c’est-à-dire après sa sanction. On apprend également que les passeports lui ont été remis récemment, et il nous dit lui-même qu’il est en contact avec le président de la République.
Cette affaire relativement accessoire est, en fait, symbolique et emblématique de tout ce qui ne va pas dans ce pouvoir arrogant et déconnecté, qui a cru pouvoir se passer de toutes les lois et de tous les usages habituels.
Nous pensons à Debout La France que l’affaire Benalla est un peu le symbole de la rupture entre un pouvoir qui a perdu énormément de légitimité, et un peuple français qui constate que ceux qui sont censés les représenter en réalité, les représentent très mal et ne travaillent pas nécessairement dans l’intérêt général.

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