Pour le secrétaire national du syndicat de police FPIP, les annonces d'Emmanuel Macron ne sont que de la communication. Pour lui, « cela ne suffira pas à régler les problèmes de sécurité en France » où les délinquants n'ont même plus peur des policiers... Son et texte.

Vous êtes conseiller régional RN en Centre-Val de Loire et secrétaire national du syndicat de police FPIP. Emmanuel Macron a annoncé recruter 10.000 policiers supplémentaires, qu’en pensez-vous ?
Aujourd’hui, la police n’a pas besoin d’avoir des recrutements massifs. Dernièrement, nous avons eu une hausse spectaculaire de nos effectifs avec tellement de recrutements ouverts que, pour tenir le cap, nous avons recruté à moins de sept de moyenne. On a vu entrer dans nos écoles de police des jeunes qui n’avaient absolument pas le profil pour être policier. Certains avaient plus le profil de racailles que de futurs policiers, comme on l’a vu lors des incidents à l’école de police de Nîmes. C’est la conséquence de recrutements massifs et de manque de vision à long terme pour remplacer progressivement les départs en retraite, notamment.

Emmanuel Macron veut également réaffecter certaines tâches pour libérer des effectifs, comme les policiers qui sont dans les centres de rétention administrative de la police aux frontières, les gardes de bâtiments ou ceux qui ont des tâches administratives alors qu’ils sont des policiers actifs. Cela ne suffira pas à régler les problèmes de sécurité en France, dès lors qu’il n’y a pas des magistrats qui suivent et qu’il n’y a pas une justice ferme et dissuasive réellement appliquée qui découragerait les délinquants. Un délinquant qui entre dans un parcours déviant répond à des lois que l’on utilise en prévention situationnelle : la loi du moindre effort, la loi du moindre risque et la loi du plus gros bénéfice à court terme. En France, il est aisé de réunir tous les éléments de ce triangle pour passer à l’acte. Il n’y a pas de sanctions : lors d’une agression, le bénéfice est immédiat car vous n’êtes pas sanctionné.

Pour vous, Emmanuel Macron fait de la communication dans le cadre de sa campagne…
C’est de la com’ pour de la com’ qui ne peut avoir d’impact que pour les profanes insensibles aux questions de sécurité et aux potentiels éléments de résolution que l’on peut avoir. Les peines ne sont pas dissuasives en France. Or, sans dissuasion, on ne peut pas rétablir la sécurité. Dans ses annonces, Emmanuel Macron revient sur les amendes forfaitaires délictuelles qu’il compte mettre en place pour la consommation de stupéfiants. Cela donnera un sentiment de permissivité supplémentaire. Lorsque la personne n’est pas solvable, la contravention n’est pas payée. On a vu l'échec de ce type de répression avec les détériorations et dégradations par inscription de type tags, les sanctions ne sont pas dissuasives. Ceux qui taguent ont très souvent des parcours de vie marginaux, n’ont pas de revenus et ne pourront jamais payer leurs amendes.

Emmanuel Macron veut doubler l’amende en cas de harcèlement de rue. Ce genre d’annonce peut-il endiguer ce fléau ?
Non, car cela non plus n’a aucun aspect dissuasif. Le harcèlement de rue n’existerait pas si ces individus avaient peur de la police. Aujourd’hui, quand vous arrivez vers un délinquant et qu’il voit que vous êtes policier, au lieu d’avoir peur, il est presque rassuré. Il sait que vous allez l’embêter quelques minutes ou quelques heures s’il est amené au commissariat et que, si c’est un délit mineur, il ressortira dans la foulée avec une amende qu’il ne paiera jamais. Donc, cela ne sert strictement à rien. Aujourd’hui, en France, même les peines de prison ne sont pas dissuasives.

Rendez-vous compte : quand vous mettez un membre de votre famille dans une maison de retraite, vous payez 2.000 € par mois pour qu’il soit accueilli, logé, nourri et soigné. Là, lorsque vous arrêtez quelqu’un dans la rue, il est accueilli, logé, nourri et soigné et ça ne lui coûte rien ! Nous avons une délinquance qui émane de pays pauvres, avec des migrants économiques qui viennent chez nous et commettent des méfaits, des délits graves. En récompense, ils auront tout ce qu’ils n’ont pas chez eux en temps normal. Cela ne les empêche pas de passer à l’acte.

11 janvier 2022

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