Par essence, la psychologie humaine est complexe. Celle d’Emmanuel Macron l’est même plus encore, comme si, chez lui, le premier réflexe était le bon – on disait, jadis, la même chose d’un de ses prédécesseurs, Jacques Chirac –, avant qu’ensuite, il n’en vienne à généralement se fourvoyer.

Et c’est ainsi que le Président jupitérien du début se carbonise en direct avec l’épisode Kiddy Smile, que l’invitation faite à Vladimir Poutine à Versailles est réduite en cendres par son suivisme américain et que son diagnostic sur « la mort cérébrale de l’OTAN » part tôt en fumée. Comme si Emmanuel était le pire ennemi de Macron.

L’épisode de nos sous-marins prêts à être vendus à l’Australie et qui, finalement, ne le seront pas nous dira si l’homme est susceptible de se montrer à la hauteur de l’idée qu’il se fait de lui-même. Certes, on lui accordera que François Hollande lui a un peu savonné la planche, ayant avant lui annulé, en 2015, la vente de deux navires de guerre Mistral à la Russie ; ce, pour complaire à la Maison-Blanche.

En attendant, Emmanuel Macron paraît avoir retenu les leçons du camouflet américain, à l’occasion de ce contrat perdu de 56 milliards d’euros. D’où un activisme diplomatique dans l’océan Pacifique, zone où la France est la seule puissance européenne à pouvoir rivaliser avec la Chine et les USA. Il est vrai qu’avec tous nos confettis d’empire, la France demeure le deuxième espace maritime au monde et, surtout, une nation sur laquelle il faut compter dans le Pacifique.

Une fois de plus, le premier réflexe élyséen semble avoir été le bon, puisque commençant à pratiquer une diplomatie intelligente en cette partie du monde, qui consiste – pour le moment, mais jusqu’à quand ? – à se rapprocher de tierces puissances refusant de se laisser embringuer dans l’affrontement sino-américain. L’Indonésie, tout d’abord, dont la géographie lui permet de contrôler nombre de détroits stratégiques en cette partie du monde. Mais surtout l’Inde, de longue date non alignée, qui nous a déjà acheté trente-six avions Rafale en 2016 et qui pourrait bien se porter acquéreuse de nos fameux sous-marins.

Cette politique tentant de ressusciter le rôle pivot de la France entre grands blocs, naguère théorisée par le général de Gaulle, ira-t-elle à son terme ? Pour cela, il nous faudrait le soutien de l’Europe. Mais l’Angleterre, Brexit oblige, se retourne vers ce qui demeure de Commonwealth, tandis que l’Allemagne n’en finit plus de jouer cavalier seul, abritant sa puissante industrie derrière le parapluie militaire américain, paraphant ainsi la mort annoncée du fameux et surtout fumeux couple franco-allemand. Pour les autres nations, le moins qu’on puisse prétendre est qu’elles ne se sont guère bousculées pour défendre la France durant cette crise internationale.

Et c’est là qu’Emmanuel Macron replonge en son éternel tropisme américain, téléphonant à son homologue Joe Biden pour tenter de « restaurer la confiance ». Il fallait sûrement en passer par là, mais pour obtenir quoi ? L’assurance de la considération distinguée de Washington ? Sûrement. Mais lorsque l’on voit celle dont fit preuve Barack Obama à l’égard du plus « américanolâtre » de nos Présidents (Nicolas Sarkozy), il y a de quoi douter : « Sarkozy était tout en emportements émotifs et en propos hyperboliques. Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens […], et de petite taille (il mesurait à peu près 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir), on aurait dit un personnage sorti d’un tableau de Toulouse-Lautrec… » Comme le souligne Éric Zemmour dans son dernier livre : « Portrait digne des croquis antisémites d’avant-guerre. Barack Obama a tous les droits. »

Après, si le premier réflexe d’Emmanuel Macron semble avoir été le bon, on attend la suite avec impatience, quoique l’on sache qu’un mulet, même les oreilles taillées en pointe, ne finira jamais en cheval de course.

 

23 septembre 2021

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