La ville de Paris veut ouvrir de nouvelles « salles de shoot » et multiplier ces lieux de consommation et de repos, en particulier pour les accros au crack, la « drogue du pauvre », qui seraient à peu près 5.000 dans l’agglomération parisienne, selon Le Parisien.

La mairie doit rencontrer, au début du mois de novembre, les préfets de police et de région, Didier Lallement et Marc Guillaume, ainsi que l’ARS (agence régionale de santé), dans le but de lancer le projet, autorisé par l’ancien ministre de la Agnès Buzyn, de création de nouvelles salles de consommation de drogue, et de crack plus particulièrement, puissant dérivé de la cocaïne, qui gangrène le nord-est de la capitale.

Paris veut « être au plus près des toxicomanes »

Plusieurs sites sont envisagés : tout d’abord près de « la colline du crack », à la porte de la Chapelle (18e), à côté des salles de repos pour toxicomanes situées sous l’échangeur de l’autoroute A1, non loin de la déchetterie ; un autre dans les environs des jardins d’Éole, toujours dans le 18e arrondissement, et enfin dans le quartier des Halles (1er).

Anne Souyris, adjointe à la santé d’Anne Hidalgo, souhaite ainsi « atteindre les personnes qui se trouvent sur les scènes de toxicomanie ».

Une grande consultation citoyenne sera lancée dans les quartiers concernés : les habitants seront sollicités sur le sujet. Par ailleurs, la ville prévoit la création d’unités mobiles, sillonnant la capitale, à la rencontre des consommateurs de crack , « pour être au plus près des toxicomanes », explique l’adjointe.

Aux Halles, « avec une salle de shoot en plus, c’est la totale »

Dans le quartier des Halles, Emmanuel Duprat, le président de l’Association pour la défense des riverains et l’animation du quartier des Halles (ADRAQH) ne décolère pas : « Multiplier les salles de consommation à moindre risque est absurde et n’a pas de sens. En plus, le quartier des Halles est déjà une zone où vivent de nombreux marginaux, des gens en perdition, des sans-abri, des personnes installées sous des tentes… Sans oublier le trafic de drogue dans le jardin du Forum. Alors, avec une salle de shoot en plus, c’est la totale ! Il faudrait plutôt aider les toxicomanes à en finir avec la drogue plutôt que de mettre à leur disposition des salles de shoot », suggère le représentant des riverains.

23 octobre 2020

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