Agathe et Fabien ont un rêve : vivre sur leurs terres, au milieu de leurs chevaux et de leurs vaches, dans un petit village des Yvelines. Manque de bol, ce n’est pas, mais pas du tout, du goût de certains riverains, très remontés à l’idée de voir leur quiétude perturbée. Alors, l’un d’eux, ou plutôt l’une – Odile Jacob, célèbre éditrice – a fait appel à un avocat, , un ex-ministre de l’Écologie. Trop fort !

Le temps presse pour ce couple en pleine force de l’âge car, locataires d’une ferme située dans la commune voisine, ils doivent la quitter d’ici le mois de mars. Et ce n’est pas faute d’avoir cherché à exercer leur métier ailleurs : dix ans qu’ils étaient en quête de terres ! Alors, quand la SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) leur délivre, enfin, le droit d’acheter 43 hectares à Adainville, c’est pour eux une aubaine ! Prêts à investir encore 700.000 euros pour un projet d’urbanisme, Fabien et Agathe sont des passionnés. Las ! C’était sans compter sur la pugnacité de Corinne Lepage selon laquelle « ce n’est pas une exploitation agricole comme une autre. On parle d’un haras où il va y avoir beaucoup de passages, des constructions… » Le couple tombe des nues : il ne s’attendait pas à un bras de fer avec un avocat ex-ministre de l’Écologie, vent debout contre « un projet bio et écolo » !

Les futurs exploitants ont modifié leurs plans, amélioré l’esthétique, construiront en bois, à l’opposé des propriétés des grincheux et même à 450 mètres de la première maison, ont déjà investi 300.000 euros : c’est niet ! Ce qui n’empêche nullement l’écolo Lepage d’affirmer que sa cliente Odile Jacob « n’a pas de problème avec le monde agricole » ! Sauf que sa cliente, apparemment, n’aime pas non plus les vaches. Mais l’avocat écologiste, puisqu’il la défend, non plus. Élever un tout petit cheptel de douze bêtes de race Bretagne Pie noire, les sauver d’extinction – en plus ? C’est, dans la foulée, niet aussi ! Crottins de cheval, bouses, pouah, que ces exploitants agricoles bio aillent polluer ailleurs : laissez-nous contempler nos pelouses et haies au cordeau, nos rosiers anciens et autres pommiers japonais en paix !

Ah, tous ces prétendus défenseurs de la nature, qui ne conçoivent la campagne qu’aseptisée, sans bruit aucun sauf celui des petits oiseaux – et encore, à condition qu’ils ne piaillent pas trop fort -, sans odeur, des campagnards du dimanche qui se fichent éperdument de la vie hors leurs murs, en fait.

Le vice-président de la chambre d’agriculture d’Île-de-France ne s’y trompe pas, qui parle de « deux visions différentes de la ruralité qui s’opposent frontalement ». Et pointe du doigt l’incohérence des mêmes à vouloir consommer local tout en refusant le lieu de production à côté de chez eux…

Résultats des courses ? À ce jour, les écologistes Corinne Lepage et son auguste cliente ne s’avouent pas vaincues : elles s’apprêtent à déposer un autre recours alors que le maire de la commune, en ne répondant pas à leurs deux recours gracieux désormais tombés à échéance, a donné son aval pour le permis de construire.

Encourager les projets bio, redonner de la vie à nos villages, avec ce genre d’ écolos, ce n’est pas gagné !

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