(le 2 avril 2041)

Il y avait eu, en mai 2021, de terribles émeutes de la misère comme la n’en avait plus connu depuis des siècles. Les Présidents successifs, depuis 50 ans, n’avaient commis que des erreurs en tous domaines : social, militaire, diplomatie, , monnaie, , mondialisation, éducation, information, immigration, justice, industrie, agriculture et même administration centrale. La pandémie venue de – dont personne n’avait osé engager la responsabilité internationale – avait aggravé dramatiquement les maux chroniques de la France. Mais c’étaient aussi des émeutes de la dignité et de la .

L’occupant de l’Élysée, cette fois-ci pour de bon, avait dû quitter le palais en hélicoptère, vers une base aérienne militaire : le palais présidentiel avait été occupé brièvement, selfies à l’appui, sans dégradations, sous le contrôle de gendarmes rebellés, avant que les services spéciaux que le Président avait secrètement renforcés ne tire à balles réelles, faisant refluer la foule. Des « gilets jaunes » et journalistes arrêtés furent transférés vers des prisons allemandes, comme suggéré par la présidente de la Commission bruxelloise, car le personnel pénitentiaire ayant voté la grève perlée, certains détenus auraient pu être libérés.

Les soutiens financiers multinationaux du Président cherchaient à le maintenir par tous les moyens qu’ils avaient utilisés pour le porter à l’Élysée. Des témoignages de soutien affluaient des beaux quartiers et des banlieues « sensibles », bobos et gauchistes unis, et Biden, Merkel, Soros, Cohn-Bendit, Jack Lang, Strauss-Kahn. Les lui prédisaient encore une place au second tour de la présidentielle (qu’il avait, d’abord, voulu reporter sine die) et, sans doute, sa réélection.

Il se constitua alors (mai 2021) un Comité national intellectuel de salut public (le fameux CNISP) comportant une centaine de savants dissidents : philosophes, économistes, juristes, historiens, géographes, démographes, psychosociologues. L’initiative du CNISP était venue de Pierre-André Taguieff, immédiatement rejoint par Guilluy, Brighelli, Tandonnet, Sapir, Debray, Onfray, Zemmour, Finkielkraut et même Michéa, et d’autres…

En juin 2021, le CNISP publia non pas un programme mais une « Charte des objectifs philosophiques à respecter par le futur Président(e) », qui ne devrait être aucun des politiciens ayant eu un rôle national. Ces objectifs étaient : 1) Retrouver la souveraineté internationale et la souveraineté populaire des Français, 2) Reconnaître leur droit à leur souveraineté socio-culturelle, 3) Rétablir une juste proportion entre les salaires les plus hauts et les plus bas et imposer sur le territoire national les revenus qui y étaient générés, 4) Établir des droits de douane égalisateurs et des aides à la relocalisation, 5) Préserver les valeurs humanistes par des référendums sur les questions existentielles et sociétales, 6) Refonder totalement le système judiciaire, 7) Soumettre à référendum le mix énergétique et la protection des terres arables, 8) Revaloriser l’enseignement et les enseignants.

En juillet 2021, les « petits candidats » souverainistes publièrent un communiqué commun annonçant leur renoncement à se présenter et leur ralliement à la Charte du CNISP. Chevènement et Montebourg se rallièrent aussi. Tous demandèrent à Marine Le Pen de faire de même au nom du bien commun national. Ils furent suivis par les Ménard, Marion Maréchal, Messiha, Mariani, et même le maire de Perpignan trouva qu’il y avait de quoi s’interroger. Restait à trouver le candidat incarnant cette Union sacrée.

Le CNISP eut alors une idée pratique : celle d’élire en son sein un comité de dix membres faisant consensus. Puis, par tirage au sort, le comité désignerait un candidat involontaire à la présidence, chargé de réunir une Constituante pour élaborer une réforme constitutionnelle, démocratique, souverainiste et de justice sociale, soumise à référendum. Le Président de transition, largement élu, démissionna sans pouvoir se présenter à la nouvelle élection présidentielle.

C’est ainsi, il y a vingt ans à peine, que la France fut sauvée et redevint un pays heureux, uni, libre, prospère et respecté.

6 février 2021

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