Il paraît – trop de bonheur à venir contribuant peut-être à susciter le mécontentement de notre peuple de Gaulois réfractaires – que le mois de janvier prochain ne sera finalement pas « mois sans alcool ». L’actuel gouvernement est peut-être fou, il n’en est pas encore dément pour autant ; pour l’instant tout au moins.

D’ailleurs, cette mesure, un temps envisagée, n’était que déclinaison du « Dry January », si chère à ces « meilleurs amis » américains nous ayant déjà, de force, refourgué Halloween à la place de la Toussaint et ce Black Friday dont la célébration mercantile ne saurait faire oublier celle du Black Sunday, commémoration autrement plus chère au cœur de tout patriote se tenant encore un tant soit peu debout, Irlandais ou non.

La France est décidément un pays merveilleux, dont l’actuelle acmé peut désormais se résumer, en matière sociétale et gastronomique, en cet emblématique Quick halal, symbole de l’américanisation galopante de notre islamisation ambiante.

Heureusement, il subsiste encore chez nous un petit village peuplé de gens persistant à porter haut et fort le bon goût bien de chez nous, celui ayant signé cette pétition au noble intitulé : « Arrêtez de culpabiliser les amateurs de vin ! »

De fait, quelle plus belle feuille de route que celle-ci : « Le pays de France est un faible territoire en superficie, mais je ne connais au monde nul autre endroit qui offre une marqueterie de paysages aussi divers, posés les uns au côté des autres, et, reliés à ces paysages, enracinés en eux, y tirant leur sève et leur vérité, autant de cultures qui s’incarnent dans l’architecture, la gastronomie, les savoirs, les arts et le vin. » C’est beau… En tout cas un peu plus avenant qu’un plug anal de Paul McCarthy ou qu’une autofiction de Christine Angot.

Alors, oui, même le moins affûté du cervelet de ces clampins enclins à la pétitionnite aiguë ne peut que signer des deux mains un viatique aussi sympathique. Ce, d’autant plus que suivent ces très chouettes lignes : « Le vin est un secret fragile. Sa célébration l’est aussi [à condition de ne pas trinquer avec des fâcheux, il va sans dire NDLR] qui scelle des moments heureux d’amitié et de fête, et des noces mystiques avec des puissances terrestres, géologiques et climatiques, qui nous dépassent. Il n’est pas inutile de rappeler que dans bien des religions polythéistes et monothéistes, le vin se regarde comme un don des dieux, leur boisson aimée, voire leur sang. »

Et le meilleur pour la fin, entre liqueurs, fromage et dessert : « Tout cela nous dit que le vin n’est en rien banal, qu’il n’est en rien commun, mais qu’il est l’incarnation d’un supplément d’âme dont on voudrait aujourd’hui peu à peu nous priver. »

L’enfant de chœur que je fus jusqu’à une puberté que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi eut au moins cette consolation : le coup de vin blanc consommé, chaque dimanche que faisait le bon Dieu, et jovialement lampé dès potron-minet.

On remarquera, pour clore ces lignes, que cette sainte cause est encore de nature à susciter la concorde nationale, ayant recueilli la signature de deux confrères aux opinions politiques pour le moins divergentes, le très gauchiste Denis Robert et le très droitier Jean Sévillia. Là s’effacent les vaines polémiques, si ce ne sont les primordiales consistant à démêler cette question d’ordre existentiel : Trotski ou Dénikine, vin rouge ou vin blanc ? En un aimable vœu de concorde nationale, nous ne pouvons que conclure ainsi : les deux, mon général !

Après, que ceux qui veulent arroser la nouvelle année qui s’annonce à grandes lampées de décoctions d’artichaut et de jus de gland, qu’il ne se gênent pas : ça fera toujours un surcroît de pinard pour les autres !

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