Editoriaux - Environnement - 10 décembre 2019

Climategate : 10 ans déjà !

Alors que la COP25 bat son plein et que le GIEC vient de sortir un nouveau rapport à l’intention des décideurs, il est intéressant de rappeler qu’en novembre 2009, la presse anglophone et des sites Internet se déchaînaient sur ce qui sera appelé le « Climategate ». Sous couvert du FOIA (Freedom of Information Act/loi d’accès à l’information), dont disposent les Américains, un ou des informaticiens inconnus, probablement écœurés par ce qu’ils voyaient, rendaient publics 1.073 courriels provenant du Climate Research Unit (CRU) de l’université d’East Anglia (5.200 autres seront rendus publics en 2011). Ce centre règne en maître au sein du GIEC et il publie une des célèbres courbes de température mondiale appelée HadCRUT. Les détails de cette affaire et quelques extraits de courriels sont toujours disponibles sur le site pensee-unique.fr du regretté physicien Jacques Duran.

Ces courriels concernaient des échanges entre des membres importants du « Working Group I » du GIEC. Ce groupe de travail a précisément pour rôle d’évaluer les bases scientifiques du changement climatique. Les courriels parlaient, entre autres, d’ajustements très peu scientifiques des données de température mondiale, notamment celles des températures de surface des océans des années 40, mais aussi de la mainmise sur le système de peer-review (évaluation des pairs) de certaines revues traitant du climat. Avant d’être édités, les articles scientifiques sont soumis à un système de relecture et de critique par des pairs, généralement inconnus des auteurs des articles. Cela garantit, en théorie, la qualité et l’impartialité des contenus. Les courriels révélaient des discussions pour refuser des articles et des reviewers (évaluateurs) au motif qu’ils n’allaient pas dans le sens du consensus de l’influence de l’homme sur le climat.

D’autres échanges de courriels concernaient l’appel à l’aide de protagonistes français vers leurs collègues anglo-saxons pour discréditer l’académicien et géophysicien français Vincent Courtillot. En 2007, celui-ci et son équipe avaient trouvé une forte corrélation entre les données géomagnétiques et les températures terrestres sur une longue période. Ces résultats avaient été confortés par une autre publication en 2008, mais ils avaient donné naissance à une polémique, rendue exceptionnellement publique, portant sur l’utilisation des bases de données.

Les pro-GIEC s’étaient, en fait, concertés afin de mobiliser la presse française (Le Monde, Libération, Le Figaro en particulier) pour sonner l’hallali médiatique envers Vincent Courtillot.

Concernant le « Climategate », cette même presse et les médias français dans leur ensemble étaient restés très discrets, contrairement à la presse anglo-saxonne. Seul Jean-François Kahn avait osé titrer, dans Marianne : « Climategate : pourquoi les médias français gardent le silence. »

Suite à cette affaire, un de ses principaux protagoniste, Phil Jones, directeur du CRU, avait été suspendu et remplacé, et Rajendra Pachauri, alors responsable du GIEC, avait demandé une enquête de l’ONU sur ces pratiques. Avez-vous entendu parler de son résultat et des mesures qui ont été prises ? Moi pas.

À lire aussi

L’urgence sanitaire pour Élisabeth Borne : sauver les éoliennes

Combien de lits de réanimation, qui nous manquent tant en ce moment, ou de personnels hosp…