Au moment où j’écris ces lignes, ni ni Édouard Philippe ne devraient assister aux cérémonies marquant le centenaire de la bataille d’. On aurait prié le ministre des de revenir de vacances pour représenter la France chez elle en terre picarde. Car, jusqu’à ces derniers jours, l’information circulait que la nation à qui incomba, en 1918, la mission historique de commander en chef les armées alliées en la personne du maréchal Foch serait représentée par un simple secrétaire d’État, Mme Geneviève Darrieussecq, chargée des Anciens Combattants. On se pince !

Certes, le nom de cette bataille, qui débuta le 8 août 1918, est bien moins connu des Français que ceux de la Marne ou Verdun. Mais cette bataille, où combattirent côte à côte Français, Britanniques, Australiens, Canadiens et Américains, fut décisive pour les alliés. Elle ouvrit, en effet, la voie à d’autres victoires durant les cent jours qui conduisirent au . “Jour de deuil de l’armée allemande”, écrivit dans ses mémoires le général Ludendorff, chef d’état-major général adjoint des armées impériales. Une bataille qui coûta, en trois jours, la vie à 46.000 soldats alliés. Lorsque les Amiénois, évacués en mars 1918, reviendront, ils trouveront une ville en ruine : de mars à août, c’est près de 900 bombes et 11.000 obus qui se sont abattus sur la cité picarde. Une miraculée dans ces décombres : la cathédrale, joyau du gothique flamboyant !

La Grande-Bretagne, elle, est à la hauteur de l’événement commémoré : le prince William, duc de Cambridge, représentant la reine, ainsi que le Premier ministre britannique Theresa May sont présents. Le président de la française, chef des armées, Amiénois de naissance qui plus est, non. Le maire UDI d’Amiens, Brigitte Fouré, a bien tenté de justifier, au micro de RFI, cette absence : “Je pense que pour les Britanniques, la date du 8 août est une date extrêmement importante, mais il ne vous échappe pas que le 8 août est en pleine période creuse dans la vie politique française.” Vacances, j’oublie tout, plus rien à faire du tout ? Ils auraient quand même pu attendre septembre, en 1918, pour lancer cette offensive…

Le week-end dernier, Emmanuel Macron, en bras de chemise, forcément accompagné de Brigitte, jouait au cicérone, devant des caméras complaisantes (la vidéo court sur les ), en faisant justement visiter le fort de Brégançon au Premier ministre britannique, tel un nouveau riche montrant sa dernière acquisition à des amis. On échappa de peu à la visite des toilettes et, soigneusement, curieusement, nous fut épargné le zoom sur le nouveau bassin aquatique hors-sol que le Président s’est fait construire.

Puisque c’est les vacances – service minimum oblige, donc -, mon papier s’arrêtera là. Emmanuel Macron n’assiste pas aux commémorations de la bataille d’Amiens. Il doit avoir piscine au fort de Brégançon. Il y a des matins où on aimerait être britannique.

8 août 2018

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