L’épidémie du coronavirus a fait fleurir un mot jusqu’alors jamais entendu sur les ondes ou lu dans les revues et quotidiens d’information : « » !

Cet anglicisme a pris la place de « foyer ». J’ignore qui en est l’auteur initial, le responsable zéro. Mis parfois entre guillemets dans certains médias écrits, encore soucieux de notre langue, il s’est répandu à la vitesse d’une contagion. Mais une contagion visible et surtout audible !

Était-ce dans une intention louable de ne pas affecter le mot français d’une fâcheuse évocation, alors qu’il désigne ordinairement la chaleur intime d’une famille ou un hébergement social collectif ? Hélas, je pense que la propension facile et « branchée » à copier ce qui émerge aux États-Unis en fut l’origine. As usual!

Les ministres de l’Économie, du Travail, de la Santé nous chantent la relocalisation pour sauver les emplois tout en restaurant notre autonomie et notre indépendance, gravement mises en défaut comme il l’a été malheureusement constaté, avec les masques et les tests, en particulier.

On aimerait que le ministre de la Culture se sente également concerné et mette en œuvre un processus de relocalisation de la langue française en France !

Certes, ce ne semble pas une priorité du Président Macron, constaté gravement contaminé à l’anglais. Mais en réveillant les académiciens, bien silencieux sur le sujet, et s’appuyant sur quelques associations prêchant la sauvegarde de notre langue, le défi pourrait sans doute être relevé ?

À l’extrême, une coopération nouvelle et étroite avec nos cousins du Québec, plus précautionneux que nous pour la tradition linguistique, serait bienvenue, voire grandement utile !

Pour revenir au mot « cluster » et le noircir, j’indique une autre forme, homonymie meurtrière dans le domaine des armes. Une « cluster bomb » est une arme à sous-munitions. Larguée d’un avion, elle éjecte ensuite et répand les bombelettes ou obus qu’elle contient sur une grande surface, sans précision. Le contraire, alors, d’une concentration sur objectif désigné !

Compte tenu de ce caractère aveugle et des dégâts meurtriers faits à des populations civiles lors de conflits, une convention fut signée par 94 États, à Oslo, en décembre 2008, qui en interdit désormais l’usage. Mais, mieux encore, la destruction des arsenaux existants et l’interdiction d’en fabriquer.

Dont acte !

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