[CHRONIQUE] Natalité : l’effondrement
En 2007, l’Allemagne exerçait pour six mois la présidence de l’Union européenne. Le ministre de la Jeunesse et de la Famille, une certaine Ursula von der Leyen, n’éprouvait pas alors le besoin de se faire l’égérie du militantisme LGBTQ+. Préoccupée par la situation catastrophique de la natalité allemande, elle avait demandé au Conseil économique et social européen un rapport sur le thème de « la famille et l’évolution démographique » dont je fus le rapporteur, conseillé par le démographe Gérard-François Dumont. À cette époque, seuls deux pays de l’UE approchaient le seuil de renouvellement des générations : l’Irlande et la France. Nous venons d’apprendre que ce temps est bien révolu.
Pour ce qui nous concerne, la politique familiale y était pour beaucoup car elle combinait des allocations directes (les allocations familiales), une fiscalité favorable (le quotient familial), des congés parentaux, des systèmes de garde des jeunes enfants et une scolarité précoce et (élément déterminant) une permanence, quelles que fussent les majorités politiques. En effet, un projet familial est, par essence, de long terme et la sécurité du cadre légal dans lequel il s’inscrit est essentielle.
Une politique familiale démantelée par Hollande
Pour discréditer la politique familiale, les imbéciles et les incultes la font remonter au maréchal Pétain alors qu’elle a débuté au lendemain de la guerre de 1914 à l’initiative du patronat catholique. Elle a connu une impulsion, en tant que politique d’État, avec le Front populaire, reprise par l’État français, confirmée par le Conseil national de la Résistance, puis par la IVe République, accentuée par la Ve République à ses débuts. Lentement érodée par une moindre revalorisation, elle a été démantelée par François Hollande, qui l’a transformée en politique sociale en la mettant sous condition de ressources. Ce faisant, il détruisait la confiance en la stabilité de cette politique et favorisait la natalité des « classes populaires », souvent issues de l’immigration, au détriment de la classe moyenne, attitude si lamentable de cette vieille gauche à la recherche pathétique d’un électorat de remplacement.
Favoriser l'immigration
En 2011, la présidence hongroise de l’Union européenne, avec Viktor Orbán, demanda un rapport sur « la politique familiale dans le processus de changement démographique ». Le constat était que la situation démographique de l’Europe se dégradait mais, à l’évidence, c’était la crise dont il ne fallait pas parler. Le Premier ministre hongrois, quant à lui, lança une politique familiale vigoureuse. Il a été beaucoup dit que cette politique avait échoué. C’est faux. Lorsqu’il est revenu au pouvoir en 2010, le taux de fécondité était de 1,25, il était en 2023 de 1,55 et avait même atteint 1,61 en 2021, pour un taux moyen européen de 1,53 (source : country economy.com). Le Parlement hongrois vient de voter une loi exemptant d’impôts à vie les mères de deux enfants. Une politique familiale est une politique de long terme qui n’a rien à voir avec le « court-termisme » de l’UE qui consiste à favoriser l’immigration.
En 2020, la présidence croate demanda à son tour un rapport sur « les défis démographiques ». Le constat était, hélas, de la dégradation continue de la situation démographique avec un excès de décès sur les naissances dans de nombreux États membres de l’UE, situation que nous avons atteinte l’an passé, pour la première fois depuis 1945.
La transition démographique, c'est-à-dire le passage d’une situation à forte fécondité et forte mortalité à une situation de faible fécondité et de faible mortalité, est mondiale mais « l’hiver démographique » qui conduit à un excès de décès sur les naissances est très propre aux sociétés européennes (et au Japon). Mais quelles ont les causes de cette situation en France ?
Climat anxiogène
La destruction de la politique familiale est un élément. Mais il en est d’autres. Lors d’une audition, une militante féministe m’avait déclaré « que la maternité était une inégalité fondamentale entre les femmes et les hommes », une sorte de handicap, donc, qui les empêchait d’être « des mecs comme les autres ». Il m’avait été aussi reproché de ne pas tenir assez compte de l’apport de l’homoparentalité dans la démographie.
Il existe donc une ambiance peu favorable à l’accueil des enfants. S’y ajoute un climat anxiogène où l’on agite l’épouvantail des crises en tout genre : climatique, sanitaire, économique, internationale… L’individualisme hédoniste y tient aussi sa part. Et, pour finir, le comique troupier qui règne à l’Élysée, entre deux rodomontades guerrières, appelle au « réarmement » démographique et fait, dans le même temps, inscrire l’avortement dans la Constitution et promeut l’euthanasie !
Pourtant, la famille est le premier lieu où l’on apprend à vivre en société, où l’on apprend que sa seule satisfaction ne peut être une règle de vie sociale. C’est aussi l’ultime rempart de la liberté humaine contre l’arbitraire de l’État. Ce peut être le lieu de grandes souffrances mais aussi d’immenses joies et de bonheur. Il faut le réapprendre. Comme réapprendre que l’espoir peut être heureux et l’Espérance joyeuse.
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67 commentaires
Je ne sais pas si l’idée de voir a plus ou moins court terme une France islamisée donne envie d’avoir des enfants et si le marasme dans lequel est la France depuis des décennies, le niveau de notre classe politique, la perte de nos valeurs nous encourage vraiment.
La pilule a permis aux femmes de travailler et de choisir leur mode de vie. Aujourd’hui la femme est un homme comme les autres. Il ne reste plus personne au foyer pour avoir des enfants et les élever. Cette situation est une première dans l’évolution de l’humanité : des foyers déserts. Même avec l’immigration le solde des naissances est négatif. Vous soulignez avec justesse que l’inscription de l’IVG dans la Constitution n’a rien arrangé. Quand l’euthanasie va éliminer les vieux, les faibles, les solitaires, les malades et les handicapés de toutes sortes il ne restera plus grand monde en France. L’ironie est que ces députés acharnés à voter l’euthanasie s’imaginent immortels alors qu’ils votent pour le sort de tous, eux compris, avec une absence totale de compassion.
Et alors ! Depuis quand le taux de natalité est un indice de bonheur ?
Le 29/11/2020, selon une info de Boulevard Voltaire, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites, expliquait que l’Europe avait mis en place un plan pour faire venir 47.4 millions d’étrangers à seule fin de maintenir son taux de croissance. On a appris par la suite que ce n’était qu’une étape car selon l’ONU, ce taux de croissance avait besoin de 700 millions d’immigrés supplémentaires. Plus précisément 701 millions de migrants, dont 94 millions en France, 188 millions en Allemagne, 59 millions au Royaume-Uni et 120 millions en Italie.
Les multinationales et banques qui nous dirigent calculent le taux de croissance de nos pays comme s’il s’agissait d’entreprises, de centres de profit dont l’unique but est de générer toujours plus d’argent. Ils ont besoin de consommateurs – pas de travailleurs – consommateurs de téléphones, de frigos, de logements, d’assurances, de médicaments, etc… pour le grand profit des multinationales. Par exemple, l’industrie pharmaceutique rapporte 20% par an à ses actionnaires qui, par ce biais, pompent l’argent de la Sécurité Sociale.
Mais ce sacro-saint taux de croissance du PIB n’intéresse pas les vrais gens ! Est-ce qu’on serait plus heureux dans un pays de 100 millions d’habitants ? Ce n’est en aucun cas un indice de bonheur. Ni notre bonheur, ni celui des déracinés ne les intéressent, seul compte le taux de croissance de l’Europe.
Et encore une preuve de leur ineptie : ils calculent même le taux de croissance mondial !
Très bon résumé. Personnellement je pense que le volet anxiogène l’emporte sur le volet financier. Quand on désire être parent, on ne compte pas, ce n’est pas un investissement au sens où certains le pensent. Pour faire des enfants, il faut commencer par l’amour et la confiance puis l’abnégation de soi ou l’inverse, enfin l’envie d’entamer un voyage à trois sans vraiment savoir où et comment on y arrivera. Ce qui paraît à beaucoup désuet et ringard dans ce monde de l’individualisme, de l’immédiateté et de la futilité où certains ont des centaines d’amis seuls devant leurs écrans. Quel gâchis, quelle erreur parfois ! 48 ans de mariage plus tard, trois enfants, 6 petits-enfants, la vie, la parentalité, l’amour sont, à mon humble avis, les seules choses qui valent la peine.
Il en a fallu du temps ! Déjà en 1999 des jeunes femmes devant la situation de notre pays avaient peur de
faire des enfants !. C’est pas Macron qui va les encourager.
Bonne analyse
bah alors les filles!
Qu’on commence par le commencement, par exemple mettre un père de famille à la tête de ce pays.
EXCELLENTE idée et de plus père d’une famille nombreuse et bien catholique !
Nous on a un président qui a une fille de son âge, il est vraiment performant
J’ai oublié : il fallait lire « un père ou une mère de famille » …
Franchement, faire des enfants dans ce monde de fous qu’est devenu l’Occident, je comprends que les jeunes hésitent.
J’allais l’écrire, merci
Là, je pense que nous sommes en face d’un fait de société, aujourd’hui les jeunes ne veulent pas d’enfant, il n’y a pas a chercher midi à quatorze heures. Les femmes veulent s’instruire, travailler, être libre, il y a de plus en plus de divorce. Macron qui ne parle que de faire la guerre, ne donne pas envie de faire des enfants pour les envoyer au casse pipe. Beaucoup de jeunes sont s’en travail ou on un travail précaire qui ne permet pas d’envisager une famille et ce n’est pas en faisant travailler les vieux plus longtemps que les jeunes vont pouvoir travailler les places étant prises. J’ai des petits enfants, j’en ai 4 aucun ne veut d’enfant et autour de moi je ne vois que des familles sans enfant ou avec 1 maximum 2 enfants. Les temps ont changé, c’est dramatique mais c’est un fait .
La solution existe, elle s’appelle la Naprotechnologie.
Vous en parlez chaque fois que le sujet est mis sur la table !
Oui, mais @Eschyle 49 a raison.
La dénatalité n’est pas due uniquement au manque de volonté des couples.
Késako ???
Il y a d’excellents dictionnaires en ligne.
« Naprotechnologie est une marque déposée provenant de la contraction des termes anglais Natural Procreative Technology, désignant un parcours médical visant à restaurer la fertilité. »
Comme si cela marchait à tous les coups !
cela ne marche pas à tous les coups, mais si c’était développé cela arrangerait forcément les choses.
Il n’y a pas « que » les conditions matérielles. Il y a surtout la pression idéologique et « sociétale » de propagande individualiste. Il y a des conditions sociales nécessaires aussi. Naguère, les parents de familles nombreuses étaient honorés, au point d’être reçus à l’Elysée ( familles de 5 enfants, au moins, je crois ). Bref, là encore, il faut reconquérir le champs culturel. Les progressistes, eux, le font pour leur confort économique, moral, individualiste et sociétal, bien sûr.
Une étude récente démontre , que l’immigration ne permet même pas de faire remontrer la natalité.
Que l’avortement, le manque le logement, et la stabilité de l’emploi est une condition nécessaire mais pas suffisante
Si nous constatons une baisse de la natalité en France, cela correspond à une évolution globale sur l’ensemble de la planète.
Le facteur économique en est aujourd’hui la première cause (39% des individus citant l’insécurité financière).
Ainsi, en France, beaucoup de femmes vivent dans le dénuement la monoparentalité, ce qui n’incite pas les nouvelles générations à avoir des enfants.
Par ailleurs, l’incertitude grandissante liée au dérèglement climatique laisse présager des décennies compliquées pour les futures générations.
L’état du monde en sera totalement modifié.
On sait par exemple que de grandes vagues d’immigration climatique vers l’hémisphère nord viendront des Continents Africain et Asiatique (Températures trop élevées pour les uns et Pays recouverts par les eaux pour les autres).
Il nous faudra savoir accueillir ces populations dévastées.
Autre facteur d’incertitude : la crainte de voir des régimes extrémistes et totalitaires prendre le pouvoir en Occident.
La perspective de voir ses enfants vivre sous une dictature n’est guère réjouissante …
Cette fois, ce sont de nouveaux réfugiés politiques que nous devrons accueillir.
Un peu dans le même registre, la vision de nombreux conflits armés partout dans le monde demeure anxiogène.
Le retour des Empires avec des dictateurs en Russie, en Chine et aux États-Unis laisse présager d’un avenir inquiétant.
Tous ces facteurs légitiment une frilosité pour mettre au monde des enfants qui n’auront sans doute pas une vie aussi sereine que la nôtre.
(C’est un Papy de 65 ans qui écrit).
« C’est un Papy de 65 ans qui écrit ». Depuis le temps que j’ai l’immense plaisir de lire vos petits messages, je vous pensais beaucoup, beaucoup plus jeune. En effet, vous cochez toutes les cases de ces trentenaires éco-anxieux ! ;)
Je dirais plutôt « vieux ronchon » !
Une douzaine de stations de l’office météorologique mondial qui se trouvent sous les tropiques ont plus d’une centaine d’années de données. Leurs températures maximales ne montrent pas de tendance au réchauffement. C’est normal, d’après le GIEC, le réchauffement est plus important l’hiver, la nuit et aux hautes latitudes (près des pôles). Les villes chauffent plus vite à causse de l’imperméabilisation des sols, les océans les chauffent très peu.
Quant à la montée des eaux, elle se poursuit depuis la fin de la dernière glaciation. Elle atteint environ 1,5 mm/an (mesurée par les marégraphes) soit 12 cm sur une vie de 80 ans (la moitié de la hauteur d’une brique). Une bonne partie des Néerlandais vit plus d’un mètre en dessous du niveau de la mer.
« Il existe donc une ambiance peu favorable à l’accueil des enfants. S’y ajoute un climat anxiogène où l’on agite l’épouvantail des crises en tout genre, climatique, sanitaire, économique, internationale… » J’ajoute « politique française » ,l’assemblée nationale est un immense b..azar qui n’augure rien de bon, surtout pas la stabilité ni la sérénité sur quoi appuyer nos vies.
Pourtant chaque fois que j’entends Macron, Lecornu, Gennevard, Montchalin, Maud Bregeon et tous les farceurs qui composent cet ersatz de gouvernement, le mot « stabilité » revient en boucle dans leurs discours. Pour eux, la « stabilité » consiste à ne surtout pas retourner devant les électeurs et garder leur place au chaud.